.:.Chronique.:.

Pochette

Brinks, Stanley

Dank U

[Ciao Ketchup::2008]

Alors que dans certaines officines rédactionnelles (je tairai leurs noms par souci de discrétion) on en appelait au retour d'André au sein D'Herman Düne, celui-ci continue de sortir en catimini des disques impeccables qui ont toujours laissé penser qu'il était l'âme même du groupe. Depuis 2006, André suit son propre chemin et en a profité pour se doter d'un nouveau nom. Désormais, il faudra donc le nommer Stanley Brinks après s'être également fait appeler Ben Dope, Ben Haschish, John Andreas, John Trawlong ou Klaus Bong. Patronyme sous lequel il a déjà sévit à plusieurs reprises (Bops A Zap, Loiters, Cooks, Bit) Dank U est tout de même considéré comme son véritable premier album. On se demande bien pourquoi. Comme si tout ce qu'il avait fait auparavant, et même après, ne comptait pas. Ce qui est plus probable c'est que Dank U est sans doute le premier de ses disques qui soit distribué en dehors de la structure belge b.y.records. Quoi qu'il en soit Dank U est un album à la hauteur de ce que nous avait habitué André. Toujours dans ce trip qu'il qualifie lui même dans une interview pour le fanzine Twice de “post-calypsonien”, il poursuit ce qu'il avait entamé avec Kreuzberg Museum (duo qu'il a créé avec sa compagne Clémence Freschard).

Dank U est donc un recueil de chansons relaxées mais qui ne manquent pas de sens critique. André est quelqu'un de farouchement indépendant. Cela se ressent dans sa démarche artistique, dans ses écrits mais aussi dans la diffusion de ses oeuvres. Dans la tournure que prenait Herman Düne, cette reconnaissance grandissante, il ne pouvait se sentir dans son élément. C'était donc le moment de partir pour ne pas avoir à se renier. Ainsi, Dank U est absolument lui. Un disque personnel qu'il a conçut avec des musiciens triés sur le volet (The Wave Pictures, Howard Hugues, Clémence Freschard, Mick & Rose Tattersall). Un peu à l'image d'un Arto Lindsay et son exploration de la bossa, Stanley Brinks est appliqué et ne se trompe que rarement sur ses choix. Peut-être que ce n'est pas un modèle de perfection, qu'on pourra trouver le disque un peu mollasson mais ce n'est pas vraiment ce qui est le plus important. Ce qui prévaut c'est l'importance qu'accorde Stanley Brinks à la mise en forme de ses chansons et à leur donner un caractère quasi intimiste. En soit Dank U est plutôt une réussite, un album qui n'a pas vraiment de défauts mais qui n'est pas non plus marqué par un génie pur. Dank U est ce genre de disque tout à fait entier marqué par le bon goût qui rend les choses faciles et permet de vous y installer confortablement. Ce qui nous conforte dans l'idée qu'Herman Düne a vraiment perdu gros dans l'affaire.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 11-04-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/therealstanleybrinks

?>