.:.Chronique.:.

Pochette

Shed

Shedding The Past

[Ostgut Ton::2008]

Déjà auteur d'une quantité non négligeable de maxis sur différents labels (dont le sien : Soloaction), Shed sort enfin son premier album sur Ostgut Ton, structure berlinoise que nous avions déjà croisé sur Liability avec André Galluzi. Shedding The Past est leur dernière sortie en date et elle confirme tout le bien que l'on pouvait penser d'eux. Ce disque, librement axé sur la musique de club, est la synthèse raisonnée des longs efforts de Shed consentis pendant les années précédentes. C'est même assez normal après tout car nombreux sont ceux qui ont suivi le même type de démarche. Pour autant Shed ne s'est pas arrêté à un cahier des charges bien précis. Ce qui a compté le plus c'est de mettre en exergue une musique techno ouverte, organique avec une architecture minimale à l'articulation des plus souples. Mission réussie puisque l'on tombe aisément dans le doux piège tendu par l'Allemand. Si on décèle chez lui avec évidence une nette tendance à la répétition, celle-ci est toujours utilisée à bon escient. A aucun moment il nous viendrait à l'esprit de trouver Shedding The Past trop statique ou peu porté sur le mouvement. Au contraire, les séquences travaillées par Shed sont modulées à loisir, évitant ainsi toute forme de lassitude et d'uniformité. Shedding The Past est donc malléable à souhait et cela s'entend tout de suite.

Pour faire simple Shedding The Past est un album tout à fait jouissif. C'est d'ailleurs souvent le cas chez ces types de l'ancienne RDA qui ont vécu pleinement leur jeunesse à la suite de la chute du mur de Berlin. Une sorte de libération qui coïncidait à point nommé avec l'explosion des musiques électroniques. Comme si ils avaient des lacunes à combler ils ont toujours eu cette faculté de se surpasser. Ici Shed ne lésine pas sur les moyens et se donne l'assurance d'un album au dessus de tous soupçons. Tout le monde ne peut pas en dire autant. Alors que d'autres se contentent de recycler avec plus ou moins de bonheur les recettes des années passées, Shed est, quant à lui, clairement tourné vers l'avenir. On pourra certes trouver des points communs entre la musique de Shed et celle qui a eu cours à la fin des années 80 et le début des années 90 mais notre homme a parfaitement digéré ses influences pour nourrir ses propres créations. En somme, ces dernières sont beaucoup plus modernes qu'on pourrait le penser et c'est tout ce qui fait la différence.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 10-04-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/sheddingthepast

?>