.:.Chronique.:.

Pochette

Atkinson, Félicia

La La La

[Spekk::2008]

|01 Lila|02 No Wedding|03 Guitar Means Mountain|04 Blue Walls |05 White|06 Courir|07 To This Island|08 Je Ne Sais Pas|09 Schnee Part|10 Brother In Mind|11 Lonesome As The Sun|

Elle l’avoue elle-même. Félicia Atkinson n’est pas une musicienne accomplie mais plutôt une artiste multimédia. Cependant cela ne l’empêche pas d’avoir une conception particulière sur la musique et sur son application. Partant sans doute du principe que tout son est utilisable si on le met dans le bon contexte, Félicia Atkinson s’est mise en tête de récolter toute une ribambelle de matériaux environnementaux auxquels elle aura pris soin d’accompagner avec des instruments et du field recording. Réalisés dans une parfaite improvisation, la plupart de ces morceaux ont eu l’appui non négligeable de Sylvain Chauveau (avec qui elle avait déjà collaboré pour Roman Anglais) dont on connaît toute l’application quand il s’agit de produire une musique qui sort des sentiers battus. Ici, Félicia Atkinson demeure dans un environnement intimiste où les instruments évoluent avec économie et une certaine idée de l’abstrait. On se croirait presque dans un rêve où la voix distante de Félicia Atkinson défile avec un absolu détachement de toute choses. Un détachement nécessaire pour donner tout son sens à la poésie de Paul Célan qu’elle reprend sur Schnee Part.

Poétique est sans doute le terme qui représente le mieux La La La. La douce mélancolie qu’il s’y dégage n’est pas fortuite. On la ressent sur tout l’album et les forts penchants introspectifs sont les clés indispensables à la compréhension de ce disque. Si on n’a pas ce ressenti La La La n’apparaitrait que comme un album lo-fi ou néo-contemporain à la sauce minimaliste qui ne peut émouvoir qu’un auditoire averti et féru d’expérimentations diverses. Pourtant il suffirait de se laisser imprégner, de pousser légèrement la porte de la chambre de Félicia Atkinson pour y découvrir un petit monde merveilleux, subtil et luminescent. La jeune femme aime le Japon si l’on en croit la petite note sur la pochette interne de l’album. Ce n’est sans doute pas un hasard si la plupart de ses réalisations ressemblent à des haïkus, certes un peu plus « mélodiques ». Mais dans l’idée c’est un peu cela. Félicia Atkinson essaye de retrouver cette ambiance si particulière où tout semble irréel et flottant mais, en même temps, tellement représentatif de l’humain. Y parvient-elle ? La réponse ne se trouve que dans la perception que l’on a de ce disque. Le meilleur moyen de lever tous les doutes est encore de l’écouter.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 09-04-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/lowfifelicia

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