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Pochette

Aucan

Aucan

[Africantape::2008]

A plusieurs reprises Aucan, trio Italien, a été comparé à Battles. Certes, on pourra en convenir mais Battles n'a jamais été seul sur ce créneau et n'a pas tout inventé non plus. Même si Ian Williams est un ancien de Don Caballero et qu'il a été surement d'un apport définitif dans l'identité sonore de Battles, on ne saurait donner ces derniers un rôle central dans l'essor indéniable du math rock de ces dernières années. En ce sens Aucan est sans doûte plus proche de formations comme Chevreuil, par exemple, qu'ils ne le sont de Battles. Rien d'étonnant donc de voir Julien Fernandez (l'une des deux têtes pensantes de Chevreuil) sortir ce disque sur son propre label Africantape. Certainement plus frontal que Battles, Aucan se rapproche nettement de tous ces groupes Français et Italiens qui depuis le début de ce siècle ont donné une nouvelle jeunesse au genre. Oyez, oyez ! L'Europe vit encore, qu'on se le dise. Et par certains aspects les musiciens du vieux continent sont même tout aussi vivaces que leurs cousins trans-Atlantique. Ainsi Aucan prouve avec rage et détermination qu'il ne saurait y avoir de complexes d'infériorité. D'ailleurs cela n'a aucune réalité ni dans les faits ni dans les actes du groupe.

Ce premier album de Aucan possède cette intensité et cette variété de couleurs sonores qui font de lui un très bon disque. Celui-ci se dévore jusqu'à son terme avec un appétit vorace. Aucan joue autant éclatée que spatiale. Un peu à l'image de cette pochette où l'on voit des vinyls brisés et des feuillets froissés suspendus dans l'air, le trio occupe tout l'espace et exécute à la masse un math-rock moderne et volumineux. Mais, chez eux, tout n'est pas que furie électrique et synthétique. Des phases d'accalmies viennent s'interposer entre les moments de tempête. Cela est même nécessaire tant Aucan déploie son énergie. A tous point de vue les Italiens se révèlent être plus interressant que leurs camarades Américains. Là où, chez ces derniers, on peut reconnaître une certaine retenue, on en constate aucune chez ces originaires de Brescia. Il serait donc de bon aloi de ne pas voir en Aucan qu'une vulgaire copie ou de malheureux suiveurs qui auraient tout pompé à des groupes plus anciens. Il est évident qu'ils sont arrivés dans une mouvance qui a déjà un bon vécu mais ils y ont parfaitement leur place et, au vu de cet album, sans doute plus que cela.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 01-04-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/aucan

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