.:.Chronique.:.

Pochette

M's, The

Real Clones Ones

[Polyvinyl::2008]

On ne peut pas demander à tout le monde d'être innovant. D'ailleurs on ne compte plus vraiment toutes ces formations qui se contentent de recettes maintes fois éprouvées et qui n'ont pas encore fini de satisfaire les amateurs de musique. Ce n'est pas de la lâcheté ni même la peur d'aller trop loin. Si on peut compter parmi eux d'infâmes opportunistes, il faut quand même admettre qu'il y a aussi une volonté de faire perdurer un style, une vision d'un rock un peu arty qui a toujours eu une sensibilité un peu à part. The M's, groupe de Chicago, est un peu dans ce cas de figure. Ils n'ont franchement pas inventé la poudre mais ils restent suffisamment bons pour se rendre sympathiques. Voire même un peu plus que cela. Leur classicisme pop est une chose et si on les associe à The Shins, on peut également avoir une pensée pour Clearlake et, en fait, n'importe quels groupes qui ont cette même approche raffinée et sans trop d'excès de l'indie rock. Ainsi, Real Clones Ones, troisème album de The M's, n'est certainement pas habité par le génie mais plus sûrement par l'âme de musiciens qui n'ont pas oublié d'avoir bon goût. On croirait presque la chose innée chez eux. The M's enfile les perles mélodiques avec naturel. Tout semble couler de source mais cette impression de déjà entendu ne vous quitte jamais.

Peu importe après tout. Si ce disque, dont les inspirations 60's et début 70's sont pour le moins évidentes, ne dépasse pas le cadre de l'exercice scolaire il serait malheureux de se contenter d'une écoute distraite. Real Clones Ones fait partie de cette horde de disques qui font rudement plaisir sans qu'on ait à chercher plus loin ou à se poser trop de questions. Les faits sont là, personne n'est vraiment dupe. Enfin, il ne faut pas l'être sous peine de se tromper lourdement sur leur compte. The M's sont encore dans la division d'honneur et n'atteindra l'excellence qui si ils décident de se risquer sur des terrains plus glissants. Certes, ce sera à double tranchant mais le jeu en vaut la chandelle. Dans le cas contraire on gardera d'eux le souvenir d'un groupe dont la sympathie évoquée plus haut aura tout de même quelques limites.

note : 6

par Fabien, chronique publiée le 29-03-2009

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