.:.Chronique.:.

Pochette

Present, The

World I See

[Loaf::2008]

|01 Heavens On Ice|02 World I See|03 Love Melody|04 Symbols On High|05 Africanized Beatniks|06 The Hunt|

Quel peut bien être le monde vu par Rusty Santos et ses camarades ? Le moins que l'on puisse dire est que celui-ci est un sacré foutoir et qu'il est loin de correspondre aux critères de la normalité. Passé au travers d'un miroir déformant, le monde, tel qu'il le perçoit, n'est en rien quelque chose de concret. Rusty Santos s'est largement réfugié dans l'abstraction sonore et une sorte d'évasion psychédélique qui va aux frontières les plus reculées de l'expérimentation musicale. Pour ce personnage qui aura croisé la route de Born Ruffians, d'Animal Collective pour Sung Tongs et Pandar Bear pour le magnifique Person Pitch (ce dernier nous en parle dans l'interview qu'il nous avait accordé il y a quelques temps), la tâche n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît. On sent largement que sa rencontre avec les extra-terrestres d'Animal Collective a été déterminante. Ainsi, il n'est pas rare dans World I See d'entendre des séquences entières qui font penser aux élucubrations des Américains. Cette impression serait négligeable si on ne la ressentait pas tout au long de l'album. On croit également déceler chez lui une influence légère d'artistes minimalistes comme Taylor Deupree, dans son utilisation du piano et d'une froide électronique.

The Present va sans doute souffrir de ce genre de parallèles qui, malheureusement pour eux, sont plus qu'évidents. Pourtant, dans l'absolu, World I See reste un album tout à fait honorable. Son caractère un peu dispersé, sa constante apesanteur et cette volonté de repousser les limites de l'inconnu ne sont pas des handicaps majeurs. Tout au contraire World I See demeure un beau disque de vignettes sonores dont l'exécution appliquée n'en demeure pas moins passionnée. Il est donc dommage que revienne sans cesse cette image d'Animal Collective et, a fortiori, celle des productions iconoclastes du label Paw Tracks, car en d'autres temps, ils auraient été nombreux à se prosterner devant un tel disque. Enfin ils auraient pu reconnaître le caractère original de la chose. Au mieux The Present fera office d'outsider de luxe, au pire d'un vil copieur sans génie. A vous de faire le choix.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 26-03-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/thepresentnewyork

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