.:.Chronique.:.

Pochette

Le Tan, Alexis & Jess

Space Oddities : A Compilation Of Rare European Library Grooves From 1975-1984

[Permanent Vacation::2008]

Appelez cela comme vous voulez. Cosmic Disco, Növo Disco, Italo-disco ou n'importe quelle dénomination vous n'y échapperez pas. Les sonorités disco reviennent en force et pas forcément que pour notre bonheur. D'ailleurs, même à l'époque de sa splendeur, on en a bouffé à toutes les sauces, côtoyant souvent le pire. De quoi donner quelques sueurs froides en pensant à tout ce qui a pu générer comme beauferie la plus lourde et de productions saucissonées. Pourtant le genre a tout de même eu en son sein de purs génies. Cette musique, finalement, n'est pas que cet épais cliché qu'on nous ressasse à chaque revival. Dernier exemple en date, celui de Bernard Fèvre aka Black Devil Disco Club, méprisé et ressuscité après plus de 25 ans de placard. Involontairement, il a été l'un de ceux qui a été à l'initiative de la remise au goût du jour d'une certaine idée de la musique disco. Bien sûr il ne fut pas le seul. Dans un autre registre, plus cosmic, on doit à des personnages comme Prins Thomas et des compilations diverses (le Dirty Space Disco chez Tigersushi ou celles sur Eskimo ou Strut) une survivance d'un genre qui ne fut pas seulement cette grosse machinerie qui a pu atteindre le summum du kitsch.

Alexis Le-Tan (déjà repéré dans le Tigersushi Bass System) et Jess (Jess & Crabe) nous donne leur vision de la chose. Avec un véritable travail d'archivistes, ils nous ont exhumé des morceaux dont plus personne n'osait encore douter de l'existence. Si on y retrouve notre Bernard Fèvre national, qui a déjà entendu parler de types comme K.Weiss, J.P.Decerf, Y.Tregger ou Roger Roger ? Ceux qui s'en souviennent encore ne doivent pas être si nombreux. Space Oddities est, en ce sens, un magnifique catalogue d'artistes aujourd'hui obscures mais dont les oeuvres ont gardé toute leur pertinence. Une compilation qui fera sans doute date et qui réhabilite des musiciens qui n'ont pas eu la gloire qu'ils méritaient. Ce disque est en même temps comme un manifeste qui se veut comme la meilleure introduction à un genre si longtemps décrié et tourné en ridicule. Cette beauté synthétique était sans doute nécessaire, une oeuvre d'utilité publique devrait-on dire.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 23-03-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/myspaceoddities

?>