.:.Chronique.:.

Pochette

Pollyanna

On Concrete

[Waterhouse Records::2008]

Sans qu'on y fasse vraiment attention on a bien failli perdre de vue Pollyanna, groupe bicéphale mené par Isabelle Casier et David Lopez. Après un autoproduit et un passage éclair, le temps d'un album, sur Eglantine Records le duo avait purement et simplement disparu de la scène sans que cela ne cause le moindre scandale. La rencontre avec Stéphane Garry (Pokett) a probablement été déterminante et ce retour sonne comme le réveil d'un groupe qui n'avait pas encore tout dit. Ainsi On Concrete semble avoir été conçu au lendemain de la sortie de Whatever They Say I'm A Princess. Pourtant quatre années les sépare et pendant tout ce laps de temps Pollyanna n'a pas jugé bon de changer de direction. On retrouve donc cette douceur acoustico-électrique qui manie l'intime avec sensibilité et habileté. Un peu à l'image de la pochette le duo s'est installé dans une musique d'intérieur mais en aucun cas cela peut sentir le renfermé. Au contraire, ici les fenêtres sont grandes ouvertes et on sent une légère brise pénétrer chacune des pièces de la maison Pollyanna. Nous y sommes comme chez nous et l'impression qu'Isabelle et David sont d'amis de longue date ne vous lâche plus dès que l'album s'achève.

Sans chercher à cacher ses influences nord-américaines, Pollyanna affiche ses préférences. Loin des clichés franchouillards, le groupe a choisi depuis longtemps son camp : celle d'une légèreté mélodique, d'un jeu soigné et d'une mélancolie qui fait penser aux meilleurs instants de l'americana. Certes, cette americana est assez souple, plus maléable, moins roots et plutôt propre. Pour autant On Concrete est un disque délectable dont les apparitions de Léa Le Meur (Machin-Chose) au violoncelle est encore l'un des seuls points d'ancrage qui retient encore Pollyanna au vieux continent. Manifestement ces quatre années ont été largement mises à profit puisque On Concrete apparaît de plus en plus comme leur meilleure sortie à ce jour. Une nouvelle envie de bien faire qui se conjugue avec un retour sur scène en association avec des artistes à la réputation irréprochable (Bright Eyes, Wilco, Julie Doiron...). Ce nouvel opus est comme une renaissance et celle-ci, une fois n'est pas coutume, est des plus brillantes.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 15-03-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/pollyannamusic

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