.:.Chronique.:.

Pochette

Maximin, Bérangère

Tant Que Les Heures Passent

[Tzadik::2008]

|01 Tant Que Les Heures Passent|02 Boudmo|03 Ce Corps Vil, Part One And Two|04 Voyages Morphologiques|05 Si Ce N'est Toi|06 La Mécaniques Des Ombres|

Ancienne élève de Denis Dufour, Bérangère Maximin est l'une des étoiles montantes de la musique électroacoustique. Depuis quelques années elle continue de travailler avec Denis Dufour dans le cadre de Motus, multiplie les installations sonores et les concerts en France ou à l'étranger, collabore avec la chorégraphe Américaine Jocelyne Danchick et le vidéaste Mickaël Roullier, compose pour l'INA-GRM. Récompensée à plusieurs reprises pour son action Bérangère Maximin a quelques peu tardé pour faire paraître son premier album. C'est désormais chose faite et, curieusement, ce n'est pas chez un éditeur hexagonal qu'elle a trouvé refuge mais sur l'impeccable et hétéroclite label de John Zorn, Tzadik. Tant Que Les Heures Passent, titre qui fait référence au poète russe Vladimir Maïakowski, est une oeuvre légère, naturaliste, portée vers le dehors autant que vers le voyage intérieur. Ainsi, ce disque ne saurait faire ressortir qu'un seul et même type d'organisation sonore et de ressenti. Bien entendu les travaux de Bérangère Maximin font clairement référence à la musique concrète mais pas seulement. En effet le registre de la compositrice est plus large lorgnant vers les musiques ethniques, le situationnisme et de doux parallèles jazz.

Ce qui est certain c'est que l'effort réalisé par la jeune femme n'est jamais figé. Il est aéré, mis en relief et détenteur d'une richesse sonore variée aux horizons très divers. Qu'on se comprenne bien. Tant Que Les Heures Passent n'est pas un album confus, prompt à laisser libre cours aux expérimentations les plus farfelues. Tout, ici, est pensé au millimètre. Chaque son, chaque effet de voix apporte son lot de précision mais aussi de pure poésie. On a alors l'impression que le temps n'a pas d'emprise ici ou, plutôt, qu'il n'a pas vraiment d'importance. Béréngère Maximin traverse l'espace avec fluidité comme les meilleurs maîtres du genre avec la sobriété en plus. Car on reconnaitra à ce disque une grande limpidité malgré la complexité due au style. Si ce disque n'est certes pas l'oeuvre d'une débutante il est, néanmoins, l'entame d'une diffusion plus large de son travail. Cela devenait urgent.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 12-03-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/maximinberangere

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