.:.Chronique.:.

Pochette

Saloon

If we meet in the future

[Track and Field::2003]

|01 Vesuvius|02 Absence|03 Que Quieres|04 Happy Robots|05 Kaspian|06 Dreams Mean Nothing|07 The Good Life|08 Intimacy|09 The Sound of Thinking|10 I could Have Loved a Tyrant|

If We Meet in the Future est le second album du jeune quintet anglais Saloon. Bien qu’un titre de leur précédent album ait eu l’année dernière l’honneur de figurer en tête du fameux John Peel’s Festive Fifty et qu’un morceau chanté en français figurait également sur cet opus, ils demeurent curieusement relativement méconnus de ce côté de la Manche.

L’entame du titre d’ouverture, le bouillonnant Vesuvius (avant que les grosses guitares n’attaquent), se situe justement dans la parfaite continuité du morceau chanté en français sur le premier album, « Le Week end ». Les cinq élégants musiciens -2 filles, 3 garçons- originaires de Reading n’ont donc pas abandonné leur signature et on retrouve sur la majorité des nouvelles compositions la formule, peut être un peu plus accentuée, qui a fait le succès d’une chanson comme Girls are the new boys : des sonorités électroniques à la Stereolab (plus discrètes car mieux intégrées ici), les motifs récurrents et contrastés de la batterie carrée au tempo souvent exagéré (à la « Chacda ») et de la basse ronde et paresseuse, un soupçon de shoegazing pop à la Sundays et enfin quelques pincées d'instruments plus organiques (trompette notamment). A vrai dire, les quatre premiers titres écoutés, on a même un peu peur que le groupe abuse de cette recette, certes pas désagréable, tant trois de ces titres ont des dynamiques un peu trop similaires : Vesuvius, Absence et Happy Robots.

Heureusement, le disque se renouvelle avec les très beaux Kaspian et Dreams mean nothing. La batterie traîne d’avantage et les guitares devenues moins abrasives jouent plus en retrait. Le violon taciturne (qui ne manque pas d’évoquer les morceaux les moins énervés de That Dog) et surtout la voix si particulière de la chanteuse Amanda Gomez, à la fois évanescente et mélodieuse (sur un registre un peu à la Keren Ann), prennent alors toute leur mesure et tissent un climat mélancolique et cotonneux auquel on s’abandonne volontiers.

Ces titres langoureux ainsi que les paroles souvent douces amères nous rappellent que si le groupe était effectivement un saloon, il serait plus proche de celui d’une ville fantôme qu’au hasard de celui bariolé de la bande dessinée Lucky Luke. Surtout, ce ralentissement du tempo, semble enfin étendre l’imagination du groupe et par exemple, le furtif métallophone sur la piste finale achève de dissiper le malaise craint initialement, laissant finalement augurer le meilleur pour le prochain essai long format des britanniques.

note : 7.5

par Thomas F., chronique publiée le 08-10-2003

A voir également :

http://www.saloon.co.uk/

http://www.trackandfield.org.uk/mainframe.htm

?>