.:.Chronique.:.

Pochette

Heaven And

Sweeter As The Years Roll By

[Staubgold::2008]

Il n'est pas inutile de croire que quand Alexander Hacke (Einstürzende Neubauten) se déplace pour un projet musical ce n'est pas pour rien. Bien qu'il ne participe ici qu'à deux morceaux (Scarlet Woman et Prince Priest, qu'il a d'ailleurs co-écrit), sa présence résonne tout de même sur le reste de l'album. Pourtant c'est bien du disque de Heaven And, quatuor dans lequel on retrouve Martin Siewert, que l'on va parler. Il faut dire que l'univers développé par le groupe colle parfaitement à Alexander Hacke. Entre post-rock, avant-rock, divagations électriques et expérimentations diverses, la musique d'Heaven And emprunte des chemins sinueux qui se gardent de dévoiler leurs intentions dès les premiers pas effectués. Ainsi ils se montrent imprévisibles et les montées d'adrénalyne contrastent parfaitement avec les instants de torpeur qui ne sont en aucun cas des compromis ou du remplissage sans imagination. A l'évidence l'écoute de ce disque est tout sauf confortable et dans le cas qui nous occupe ici c'est loin d'être une remarque désobligeante. Le confort serait alors une marque de faiblesse, une abdication sans conditions et le refus le plus vil d'amener l'auditeur là où il ne s'y attend pas. Donc oui, Sweeter As The Years Roll By est un disque exigeant avec une réelle profondeur et qui mérite certainement plus qu'une écoute polie.

Mais peut-être que cet album est-il trop ambitieux car il n'a pas suscité beaucoup de réactions parmi les chroniqueurs de la toile, qu'ils soient francophones ou non. C'est un peu dommage, Sweeter As... devrait connaître un meilleur sort. Son intensité, à elle seule, est suffisante pour retenir l'attention. Heaven And fonctionne quasiment comme une formation de free jazz, expérimentant tout azimut sans jamais se perdre et prenant une dimension spatiale qui révèle autant une grande maitrise qu'une volonté d'explorer le plus loin possible les capacités sonores et rythmiques de leurs instruments. C'est souvent sur ce type de terrain de jeux que des groupes peuvent se révéler. Tout le monde n'est pas forcément gagnant. Certains comme Heaven And peuvent alors aller jusqu'au bout de leurs idées. Les autres ne feront jamais rien d'autre que l'étalage de leur médiocrité. La chose n'est donc pas sans danger et Sweeter As..., à l'image d'un road movie surréaliste, se complait à merveille dans cet état d'esprit.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 04-03-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/heavenand

http://www.myspace.com/thestaubgolds

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