.:.Chronique.:.

Pochette

Luminocolor

s/t

[Pilotti::2008]

Il arrive que sur certains disques les influences soient tout de suite reconnaissables, transpirantes même sans que le groupe fasse le moindre effort pour les dissimuler. C'est ce qui arrive à cet album sans nom du duo lillois Luminocolor qui assume au grand jour son amour pour des groupes comme Tortoise et ceux qui ont pu graviter autour de la constellation post-rockienne tendance Chicago. Olivier Minne et Benoît Farine vont même jusqu'à emprunter des thèmes initiés par Jim O'Rourke (Again And Again, Choeurs), l'un des grands papes canal historique du genre. Il y en aura surement qui, pour le coup, diront que cela manque un peu de finesse et que la chose est un peu facile. Certes, cela peut se concevoir mais Luminocolor se garde d'être dans une optique de pur plagiat. Au contraire bien que se servant d'une ossature mélodique déjà connue de tous ils s'essayent à prendre des itinéraires bis en intégrant une instrumentation et des traitements électroniques que l'on n'avait pas l'habitude d'entendre dans ce cadre là. Ainsi le duo a trouvé un juste milieu qui met en évidence son background post-rock et les apports externes. De fait Luminocolor peut bien sortir la tête haute et prétendre sans honte à faire partie de la famille.

Si les deux Français ont bien appris leurs leçons, il est aussi évident qu'ils appartiennent à une mouvance qui, même si elle ne s'affranchit pas totalement de l'héritage de leurs ainés, est résolument tournée vers des formes sonores plus modernes. L'électronica prend ici une importance primordiale. Elle est aussi essentielle que les boucles acoustiques qui servent de fil conducteur à chacun des morceaux. La musique de Luminocolor est riche de sonorités variées apportées par une orchestration fouillée mêlant électronique, guitares, cuivres, percussions diverses, sampling et employant savamment l'art du click’n’cut pour donner aux compositions une forme moins lisse et polissée. Au fil de l'album Olivier Minne et Benoît Farine étonnent et le parallèle fait avec Tortoise, même s'il est justifié, devient assez vite réducteur. Le champ d'action des deux hommes est donc bien plus grand et la sphère post-rock semble n'avoir que des effets limitant sur leur musique. Si il peut y avoir quelques retours de bâton un peu inutiles (Ennio) c'est peu en comparaison du foisonnement sonore et mélodique de ce disque. Finalement leur nom résume assez bien leur musique : lumineux et coloré.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 01-03-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/luminocolor

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