.:.Chronique.:.

Pochette

Glitterbug

Supershelter

[C.sides::2008]

Till Rohlmann est un vétéran. Et comme beaucoup d'activistes dans son genre, l'essentiel de sa carrière s'est passé derrière les platines plutôt que dans un studio. Opérationnel depuis la fin des années 80, il aura survécu à toutes les modes et tendances, demeurant reconnu autant par le public (du moins les spécialistes) que par ses pairs. La parution de ce premier album est donc plutôt une bonne nouvelle si l'on considère que tous ses efforts sur la scène de Cologne, son implication dans un festival israélien et toutes ses réalisations multimédias ont laissé quelques traces indélébiles dans les esprits. Supershelter est assurément l'un des albums de musique électronique sur lequel il faudra compter en cette fin d'année. Entre techno, house, deep et musique répétitive, Rohlmann use ici de tous les outils sonores qui l'ont accompagné pendant à peu près vingt ans. Sans être dans une logique nostalgique ou de recyclage, Rohlmann s'est fendu d'un album bigarré qui fait plus appel aux sens qu'à la raison. Un poil rêveur, Supershelter se développe langoureusement et chaleureusement au fil de mélodies simplifiées mais intelligemment habillées. Supershelter n'est donc pas un album au rabais et encore moins une réponse bafouillée pour satisfaire une demande trop pressante. Si la touche allemande est assez facilement reconnaissable, il est encore moins difficile d'admettre que nous sommes ici dans une esthétique sonore d'un niveau nettement supérieure à la moyenne.

Supershelter est-il donc un grand disque ? Peut-être est-ce prématuré de le dire aujourd'hui. Le penser, sur l'instant, est sans doute une forte tentation mais il ne faut pas se laisser emporter. En effet, si on met Supershelter en perspective avec l'armada des sorties de ces derniers mois, il va de soi qu'il aura fort à faire avec bon nombre de concurrents et se verra même distancé par plus aventureux. Ceci dit, il ne faut pas perdre de vue que Supershelter est un disque aux valeurs inattaquables et que son auteur n'est tout de même pas né de la dernière pluie. S'il serait donc naïf de déployer un tapis rouge devant Rohlmann, il serait tout aussi regrettable de passer à côté d'un album aussi savoureux. Supershelter doit être consommé avec gourmandise à consommer sans passion surdimensionnée. Au fil des écoutes, un juste milieu s'installe, qui laisse apparaître un sentiment plus juste et plus honnête. Rohlmann était surement attendu au tournant. Il ne déçoit pas et est même très convaincant, bien qu'on reste dans la norme. A vrai dire tant que cette norme existera, il n'y aura pas grand-monde pour se plaindre.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 25-02-2009

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