.:.Chronique.:.

Pochette

Chop Shop

Oxide

[23 Five ::2008]

Scott Konzelmann est quelqu'un d'assez particulier dont la démarche artistique, et les moyens qu'il utilise pour parvenir à ses fins, ne sont partagés que par une minorité. Son terrain de jeu ne prend forme qu'avec un matériel usagé, souvent récupéré dans des décharges, et dont la particularité est de pouvoir générer autre chose qu'une musicalité standard. Depuis la fin des années 80, Scott Konzelmann explore les possibilités sonores de ses trouvailles. Oxide est l'un des rares albums qu'il fait paraître sous le format cd et celui-ci répondait à un besoin urgent de sauvegarde. Enfin, on peut le considérer comme tel. En effet, sous le nom de Chop Shop, Scott Konzelmann a beaucoup enregistré sur bandes et fait paraître des vinyls. Oxide est le regroupement d'archives qui demeuraient inutilisées sur cassettes. Un matériau qui se trouvait quasiment impossible à reproduire puisque ce qui a servi à son élaboration a été irrémédiablement perdu. Restaient les enregistrements qui eux-mêmes ont eu à subir les ravages d'un stockage pour le moins humide. Cependant ces bandes n'étaient pas inutilisables pour autant. Oxide est alors le résultat d'un travail d'assemblage et de masterisation à partir de données endommagées mais rendues, bien qu'accidentellement, sans doute plus intéressante que si elles avaient bien été conservées.

En une pièce unique, Scott Konzelmann défie ainsi les lois de la musique. D'ailleurs ce disque pourrait constituer une hérésie pour tous ceux qui codifient à outrance ladite musique au sens large. On peut même parler de non-musique, tant Chop Shop annihile toute volonté de créer la moindre mélodie. Oxide est alors un effort noise et ambient post-industriel qui ne se comprend que comme une expérimentation sonore extrême et presque autiste. Ce n'est pas qu'on se sente mal à l'aise à l'écoute de ce disque, mais l'impression laissée d'être en mouvement dans une zone industrielle en pleine activité tout en essayant de percevoir les bruits environnants comme autre chose que ce qu'ils sont censés être se révèle aussi angoissante que stimulante. C'est sans doute sur ce genre d'ambivalence que réside tout l'intérêt du travail de Scott Konzelmann. Un travail noisy, épais et opaque qui donne un sens à l'aléatoire et qui produit un puissant effet quand on l'écoute au volume adéquat.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 24-02-2009

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