.:.Chronique.:.

Pochette

Luomo

Convivial

[Huume::2008]

Entre les titres d'albums qui n'ont aucun intérêt et ceux dont le mystère est entier, il en existe d'autres qui résument parfaitement la situation. Ainsi ce nouvel opus de Luomo, projet de Sasu Ripatti aka Vadislav Delay, est en parfaite adéquation avec le nom qui lui a été donné. Il n'y a donc pas à se creuser la tête ni même à essayer d'inventer des théories fumeuses sur une signification probable de la chose. Il aura suffi d'une seule écoute pour se rendre compte que la musique de Luomo est effectivement des plus conviviales. Pourtant, cela ne suffit pas à faire de Convivial un album transcendant. C'est même un peu la déception qui prévaut ici. Et ce ne sont pas avec les participations des habitués Johanna Iivanainen, Sascha Ring (Apparat), Jake Shears (Scissor Sisters), Robert Owens, Cassy (Panorama-bar), Chubbs et de Sue-Cie qu'on aura un meilleur sentiment à son égard. Pour tout dire, ce disque souffle un peu le chaud et le froid, mélangeant des titres vraiment enthousiasmants à d'autres plus anecdotiques et indolores. Le côté sensuel de sa house music n'y changera rien. On se dit alors que Convivial est soit un coup d'épée dans l'eau, soit qu'il est inachevé. Dans les deux cas, il n'est pas difficile d'entendre que malgré son caractère affable, Convivial n'est pas ce que Luomo a fait de mieux ces derniers temps.

On ne peut alors se résoudre à croire que Ripatti se laisse aller. On connaît sa rigueur et tout le soin qu'il apporte à ses productions. Convivial ne fait pas exception et il serait vraiment insultant de dire qu'il a été fait à la va-vite. A la limite, on pourrait le considérer comme un disque d'intérieur, presque intime, ou qui ne s'adresserait qu'à de petits comités. Ca devient quasiment évident, ce nouvel opus de Luomo n'est pas fait pour soulever les foules. D'ailleurs, si on regarde un tant soit peu sa discographie, il n'en a jamais été capable. Ses qualités sont ailleurs. Pour sa défense, on pourra encore dire que Ripatti a tout de même laissé une certaine liberté d'action à ses collaborateurs du moment. De fait, s'il y a un semi-échec, celui-ci reste collégial. Ca sauve un peu les apparences mais, sur le fond, on reste sur nos positions. Alors voilà, Convivial a beau être un disque agréable à l'écoute (Have You Ever, Love You All et Gets Along Fine en point d'orgue) il ne dépassera guère ce stade. Dommage.

note : 6

par Fabien, chronique publiée le 24-02-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/luomomusic

http://www.luomoweb.com/

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