.:.Chronique.:.

Pochette

Cats In Paris

Courtcase 2000

[Akoustik Anarchy::2008]

Parfois il y a des disques qui passent complètement à l'as. Personne n'en parle et il y en a encore moins pour s'en plaindre. Faut-il comprendre que la populace est toujours aussi conditionnée par les hypes du moment et ce même dans les arcanes de l'indie-pop ? Il y a des jours où je ne suis pas loin de le penser. Faites un peu le tour des webzines francophones qui sont censés être à la pointe des musiques modernes et dénicher les perles du moments. Vous vous rendrez compte que tout le monde (ou presque car il y en a bien qui font des efforts particuliers) parle sensiblement des mêmes groupes, des mêmes “next big thing” dont la presse physique a déjà fait ses choux gras (ou est en passe de le faire). Bien évidemment je mets Liability dans le lot. Il n'y a pas de raison que nous échappions à ce genre de vice.Cependant est-ce un mal ? Non, absolument pas car il faut tout de même en parler, donner un avis, justifié ou pas, mais il n'est pas pour autant nécessaire de se focaliser sur ceux qui font le plus gros de l'actualité, quelles que soient leurs qualités. Dans le cas contraire on peut s'interroger sur la place qu'on peut accorder à ceux qui n'ont pas la chance d'être signés sur le bon label à la mode ou qui ne bénéficient pas d'un engouement souvent orchestré par un plan média intelligent. Sont-ce des groupes moins intéressants pour autant ? Evidemment non, mais un Cats In Paris, par exemple, reste pour l'instant dans l'ombre, barré par d'autres pas forcément plus méritants. Un oubli, sûrement...

Pourtant cette formation de Manchester est plutôt talentueuse et leur album, Courtcase 2000, n'a rien de méprisable. Si l'on en croit la courte note de presse fournie avec le disque on pourrait les associer à Godspeed You ! Black Emperor, Deerhoof, Broken Social Scene, Patrick Wolf ou Apse. Sur des détails cela peut se tenir, mais uniquement là-dessus, car en écoutant Cats In Paris on pense plutôt en premier lieu à The Chap et à leur pop détraquée. A la différence de ces derniers, ils ont une nette tendance à prolonger leur folie sur des morceaux à tiroirs qui parfois semblent interminables. Un morceau comme Goojfc pourrait très bien résumer la situation : une mélodie pop foutraque qui se marie sans peine avec des séquences émotives lumineuses tout en acceptant des ajouts de bruits environnementaux et des changements de direction inattendus dans la chanson même. On peut également prendre l'exemple d'un Button (Part Two) qui sert de décor abstrait à une histoire abracadabrante, déclamée en français, autour d'un bouton de veste. Les Cats In Paris sont sans doute un peu fous et cela conforte l'idée d'un parallèle avec les cinglés de The Chap. Il est encore moins étonnant de voir ces Anglais tourner avec Fuck Buttons, autres agités du bocal. Voilà donc un disque qui fait énormément de bien à la pop moderne parce qu'il est déroutant, inventif, enthousiasmant et pris par une folie créatrice qui ne tombe jamais dans le n'importe quoi. Et, voyez-vous, Courtcase 2000, personne n'en parle. C'est désespérant.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 23-02-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/catsinparis

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