.:.Chronique.:.

Pochette

Kiss The Anus Of A Black Cat

The Nebulous Dream

[Conspiracy ::2008]

C'est dans un environnement qui oscille entre le gothique (mais celui du début des années 80), le post-industriel et un chamanisme noir à la Current 93 que se situe le projet solo de Stef Heeren plus connu sous le nom de Kiss The Anus Of A Black Cat. Un nom qui ne doit rien au hasard ni même à une provocation prompte à choquer les sensibilités les plus prudes. Ce nom issu d'un rituel médiéval de sorcières colle aisément avec l'imagerie dark-folk. Pour éviter toute confusion Stef Heeren n'est certainement pas proche de groupes comme Death In June mais plus de l'univers d'un David Tibet et de ses évocations proches du mystique et de l'apocalyptique. Auteur de deux autres albums (If The Sky Falls We Shall Catch Larks et An Interlude To The Outermost) sur le très estimé label (K-RAA-K) Stef Heeren démontre avec cette nouvelle livraison que dans ce domaine, il n'est pas là pour faire de la figuration. Avec un chant qui rappelle celui de Peter Murphy de Bauhaus et une musique lancinante et caverneuse, on se croirait presque revenu vingt-cinq ans en arrière. Au moins Stef Heeren est l'un de ceux qui aura le mieux compris l'essence même des musiques dites gothiques du début 80's et de cette excroissance de l'industriel qui a finit par créer le dark folk.

Pour ceux qui ont une culture avancée des musiques sombres il va sans dire que The Nebulous Dreams n'est pas spécialement surprenant. Ce qui le sauve et le rend plus attrayant c'est la mise en scène impeccable de Heeren, une mise en abîme qui touche au-delà de tout ce qu'on pouvait espérer. Il y a du talent chez ce Belge iconoclaste mais il y a encore un peu de chemin à parcourir avant que celui-ci n'adopte une musique qui ne rappelle pas sans cesse ses glorieux prédécesseurs. Mais peut-être ne le veut-il pas lui-même. En tout cas il creuse un sillon qui, manifestement, n'attire pas spécialement les foules. The Nebulous Dreams est un disque bourré de codes que seuls les adeptes du genre peuvent apprécier à leur juste valeur. Est-ce un mal ? Non, mais ce choix artistique implique qu'il s'adresse à un public averti qui ne se laisse pas facilement pénétrer. Les autres auront peut-être du mal à déchiffrer le sens profond de cet album, mais ils pourront au moins se passionner pour ses ambiances solennelles et anachroniques qui vont à contre-courant des modes du moment.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 20-02-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/kisstheanusofablackcat

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