.:.Chronique.:.

Pochette

Toral, Rafael

Space Elements Vol.1

[Staubgold::2008]

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Pourtant assez régulier dans la publication de ses oeuvres, il aura fallu presque cinq années pour que je me remette à avoir de l'intérêt, après quelques impasses notables, pour les travaux du portugais Rafael Toral. En effet depuis Electric Babyland/Lullabies, rien n'était venu pertuber mes chastes oreilles. C'est purement involontaire, croyez-le bien. C'est pourtant après la parution de ce disque qu'en 2004 Toral a mis en chantier un processus artistique connu sous le nom de Space Program. Le principe est la recherche d'une nouvelle architecture musicale qui s'articulerait autour de la musique électronique et le jazz par le biais de l'improvisation et ce que Toral appelle la “prise de décision” directe, intuitive mais “disciplinée”. Pour lui, le jazz était l'élément le plus naturel avec lequel il pouvait mener à bien son entreprise. De ce Space Program sont déjà sorti deux disques Space (Staubgold – 2007) et Space Solo 1 (Quecksilber – 2008). Ce premier volume de Space Elements (une série dont on ne sait encore vraiment combien il comportera d'unités) ouvre la porte à des collaborations et l'aboutissement de ce que Toral a lui même nommé la “post-free jazz electronic music”. Tout un programme.

Ainsi, sur ce disque, on retrouvra comme intervenants Rute Praça, César Burago, Sei Miguel, Fala Mariam, Margarida Garcia (tous très impliqué dans la scène jazz portugaise et les musiques improvisées) et les très sémillant David Toop qui participe à la flute sur le troisième morceau. Chacune de ces personnes n'a pas été choisie au hasard. Tous sont reconnus pour leurs capacités à pouvoir créer de nouveaux espaces et s'adapter à des situations données. De fait ils intègrent parfaitement les orientations voulues par Toral, celles d'un jazz hybride, libre et appuyé par des sonorités électroniques abstraites. Space Elements Vol.1 n'est pas, pour ainsi dire, un disque facile. Il est même assez éloigné du moindre comfort mais sa sérénité et son implacable assurance sont remarquable. On pense alors à un Anthony Braxton sous anxiolitique ou un Morton Feldman qui se serait ouvert au synthétique. En dernier recourt l'évocation d'un John Cage ne serait pas des plus incongrues. Disque hors champs, Space Elements Vol.1 ne ravira que ceux qui ont déjà une expérience approfondies de ceux dont j'ai fait mention pour évoquer la musique de Rafael Toral. Il est possible que le portugais ne vise pas d'autre public que celui-ci. Cependant ses efforts d'innovations méritent d'être apprécié au delà de la simple curiosité. Ses explorations sont passionantes mais encore faut-il être capable de les déchiffrer.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 19-02-2009

A voir également :

http://www.myspace.com/rafaeltoral

http://www.rafaeltoral.net/

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