.:.Chronique.:.

Pochette

Carretta, David

Rodeo Disco

[Space Factory::2008]

|01 Dance Machine |02 New Love |03 Love Lazer Dance Sex |04 Planet Research |05 Planetary Attraction |06 Disco Dance |07 New Disco Beat |08 Sex On The Moon |09 Running The Planet |10 Goodbye Honey Moon |

Il est dommage que le bilan 2008 concocté pour Liability n'ait jamais été réalisé. Dommage parce que Rodeo Disco, je l'aurais bien mis dedans. Rien que pour le fun. Et aussi parce que David Carretta est quasiment un mythe à lui tout seul. Si l'on doit en croire l'histoire, c'est grâce à un titre du Marseillais d'origine ("Innerwood") que DJ Hell s'est décidé à créer le très estimé et sexy label International Deejay Gigolo que les habitués appellent tout simplement et affectueusement Gigolo. La suite donnera raison à l'Allemand d'avoir fait confiance à un type dont le port de la moustache est une fierté et qui aura forgé en partie, avec une poignée de maxis et deux incontournables albums (Le Catalogue Electronique et Kill Your Radio) l'identité de la structure.

Pourtant, il arrive un moment où l'on se sent un peu à l'étroit et Carretta, à son tour, a pris la décision de monter son propre label alors qu'il continuait de collaborer avec Gigolo. Ainsi Space Factory lui a permis de creuser une autre veine qu'il avait un peu abordé sur Kill Your Radio, celle de l'italo-disco, une fibre cosmique sous influence psychotrope. Comme toujours pour qui s'essaie à ce genre, il y a inévitablement un côté kitsch qui ressort mais chez Carretta cela va beaucoup plus loin. On ne peut pas lui reprocher de jouer les opportunistes puisqu'il a usé, et continue de le faire, de signes ostentatoires clairement orientés vers un goût que certains peuvent considérer comme douteux. Mais chez Carretta, c'est une marque de fabrique. Et si cela peut rappeler les gros clichés de la disco, c'est parfaitement assumé.

D'ailleurs ce disque est celui qu'il aurait dû faire depuis longtemps. Rentre-dedans, futuriste, sexuel, italo jusqu'au bout des ongles, Rodeo Disco sort malgré tout au bon moment. Une période qui sent bon le retour en grâce mais qui charrie déjà son lot de produits avariés. Rien de tout cela avec David Carretta et Rodeo Disco. Ici on sent notre bonhomme complètement dans son élément au point qu'il a été en mesure de nous pondre un disque qui ne comprend que des hits potentiels si l'on exclut le reposant et spatial Goodbye Honey Moon, qui clôture l'ensemble. De toute façon, Carretta a rarement été décevant dans ses essais discographiques et Rodeo Disco démontre aisément que la musique électronique tricolore ne se résume pas à une french touch 2.0 qui commence déjà à sentir le sapin. Comme il n'a jamais été associé à cette dernière, il n'en a sans doute pas grand-chose à faire. C'est mieux ainsi, autant pour lui que pour nous. Carretta est grand, Carretta est beau et le regret est donc d'autant plus fort de ne pas l'avoir sélectionné comme l'un des disques de l'année. Cela mérite une bonne auto-flagellation.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 19-02-2009

A voir également :

http://www.davidcarretta.com/

http://www.myspace.com/davidcarretta

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