.:.Chronique.:.

Pochette

Lulu Rouge

Bless You

[Music For Dreams::2008]

|01 Melankoli|02 Lulu's Theme|03 Bless You|04 Ninna Nanna|05 Thinking Of You|06 Runaway Boy|07 Sweeter Than Sweet|08 Pitch Black|09 End Of The Century|10 Slow Pigeon|

En s'associant pour former Lulu Rouge, Buda et DJ T.O.M., auxquels s'adjoint Trentemöller, viennent de réaliser l'un des plus beaux coups de cette première moitié d'année 2008. C'est peut-être un peu excessif ce que je dis mais Bless You est un album vraiment enthousiasmant. Disque sombre, aux sonorités épaisses et possédant des formes qui font largement penser au dub, Bless You prend aux tripes et envoûte en quelques instants. Dès Melankoli c'est comme une chape de plomb qui s'abat sur vous mais qui ne vous abrutit pas pour autant. C'est ici qu'on peut situer la performance des deux hommes, ou comment créer une musique qui lorgne vers les profondeurs tout en ayant une certaine souplesse. C'est ce genre de dualité qui rend ce disque aussi monumental qu'organique. A force de l'écouter on ne lui reconnaît pas beaucoup de faiblesses ce qui laisse à penser que Bless You est un coup de maître qui peut rivaliser avec les autres grands classiques de la musique électronique. Imparable sur la forme et sur le fond, Bless You peut être pris comme un modèle d'électro-pop aux basses lourdes qui sont contre-balancées par cette fraîcheur mélodique et une production aux petits oignons.

Il est d'ailleurs assez étonnant que ce disque passe un peu inaperçu. Sur la toile vous ne trouverez rien ou pas grand-chose. Pourtant Bless You mérite certainement plus d'éloges que n'importe quel disque de la maison Ed Banger, s'il faut prendre un exemple. Ce disque risque ainsi de passer de vie à trépas avec une rapidité confondante alors qu'un meilleur sort devrait lui être réservé. Pour ce disque intelligent, finement pensé et agréablement construit pour les amateurs d'électronique sensible et racée, il ne faudra vraiment pas se faire violence pour aller jusqu'à son terme. Passant comme une lettre à la poste, il se révèle d'une richesse insoupçonnée. Mais c'est peut-être la présence de Lulu Rouge sur l'une des dernières compilations Buddha Bar qui ont refroidi quelques ardeurs ? Les préjugés sont légion, autant chez les amateurs de musique que chez ceux qui se placent comme des spécialistes au goût “sûr”. Certes, ces compilations n'ont pas non plus le monopole d'une esthétique parfaite mais il faut admettre que, parfois, leurs concepteurs peuvent avoir le nez creux, même si les risques sont calculés. Alors ? Lulu Rouge est-il bon pour l'ostracisme ? Ce serait sans doute une bien belle erreur.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 08-09-2008

A voir également :

http://www.myspace.com/lulurougesoundsystem

?>