.:.Chronique.:.

Pochette

Le Gouëfflec, Arnaud & L'Orchestre Préhistorique

A Dreuze

[L'Eglise De La Petite Folie::2008]

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Quand vous avez un dossier de presse qui présente un Arnaud Le Gouëfflec, sans doute très charmant, comme étant l'incarnation de la rencontre entre Serge Gainsbourg et Can, il y a de quoi être dubitatif. Mais après tout, pourquoi pas. La comparaison est osée mais elle peut se justifier. A Dreuze, cinquième album d'un personnage peu commun, est une curiosité dans le monde de la chanson française. D'ailleurs, peut-on considérer Arnaud Le Gouëfflec comme faisant partie de cette caste qui peine bien souvent à aller de l'avant ? Si l'influence de Gainsbourg ne fait guère de doute (Tête De Clou, entre autre), c'est là le seul lien qui le retient vraiment à ce style. Et encore, l'homme à la tête de chou avait toujours été un franc-tireur qui ne suscitait pas que des sympathies. Ou peut-être faut-il chercher du côté de Trénet (Le Merveilleux Chou Chantant), Vian ou Brassens, qu'il aime citer comme inspirations majeures. Au moins on ne pourra pas dire qu'il est le digne héritier de Michel Sardou ou Didier Barbelivien. Ceci étant, Arnaud Le Gouëfflec ne s'arrête pas là. Son amour pour le Krautrock, le free jazz, l'impro et des écorchés comme Tom Waits ou Daniel Johnston lui donne des armes pour apporter une forme plus expérimentale, plus complexe, plus tarabiscotée à sa musique.

Partir à Dreuze signifie concrètement aller de travers. Et c'est bien de cela qu'il s'agit avec ce disque. Arnaud Le Gouëfflec et ses petits camarades de l'Orchestre Préhistorique ont tout de musiciens qui préfèrent les diagonales accidentées ou les sinusoïdes aux courbes irrégulières plutôt que les lignes trop droites. Même s'ils peuvent se louper avec des titres un peu anecdotiques comme Poupée, il faut admettre qu'ils ne font rien comme les autres et jouent sans complexes des morceaux aux effets sonores divers. Ces derniers sortent sans peine du classicisme pop dans lequel Arnaud Le Gouëfflec aurait pu facilement se réfugier. Il ne faudra cependant pas prendre A Dreuze comme une bête curieuse mais plutôt comme une volonté d'aller de l'avant et de sortir définitivement du consensus mou où se sont vautrés tant de musiciens. Rien que pour cela on pourra s'incliner devant A Dreuze. Un disque qui sort providentiellement du jeunisme boiteux et de la niaiserie quasi généralisée de la chanson tricolore.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 05-09-2008

A voir également :

http://www.eglisedelapetitefolie.com

http://www.myspace.com/arnaudlegouefflec

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