.:.Chronique.:.

Pochette

Maschina, Jasmina

The Demolition Series

[Staubgold::2008]

|01 Sweet City Sue|02 Holy Holy Holy World|03 Over|04 Learning To Fly|05 Sister|06 Sit With Me|07 Slow Walker|08 Under Sea|09 Asleep (Minit Variation)|

Il y a des gens qui, comme ça, sans que l'on puisse vraiment l'expliquer, ne font pas partie de notre monde. Ils ont une vision qui diffère de la masse, se détachant des modes de pensées qui ont généralement cours. Visionnaires ou pas, ils ont ce mérite d'être en marge et de proposer autre chose que du prémâché. Jasmina Maschina est un petit peu dans cette position. On ne peut clairement pas la confondre avec quelqu'un d'autre et sa musique se distingue par sa simplicité et son incroyable candeur. Largement axée sur l'acoustique (mais qui ne l'est pas aujourd'hui ?), on ne peut décemment pas non plus l'associer à ce néo-folk qui n'en finit plus de charrier ses ersatz. Si on se décide malgré tout à lui coller cette étiquette, faute de mieux, il faudra alors plutôt se tourner vers Nick Drake et des espaces sonores vaporeux plutôt que vers les légions de folkeux babas dont l'originalité sera encore à prouver dans dix ans. Avec fragilité, Jasmina Maschina joue de sobriété et ne s'expose pas inutilement à des effets de styles qui porteraient la marque d'un plagiat mal dissimulé. En neuf titres et avec une mélancolie qui semble tout droit sortie d'un épais brouillard, l'Allemande s'élève délicatement vers des cieux que peu arrivent à atteindre.

Axé sur une sorte de pureté émotionnelle, The Demolition Series se vit quasiment comme un rêve, une expérience onirique qui ne laisse planer aucun doute sur sa capacité à se situer hors des sentiers archi-battus. D'ailleurs, l'artiste va bien au-delà des simples formats folks que l'on a l'habitude d'entendre, ce qui laisse penser qu'elle n'était pas une artiste lambda suivant le troupeau sans la moindre once de jugeote. Au contraire, elle est parvenue à transformer le genre en une musique hors du temps où l'on sent une certaine distance et où les apports de nouvelles textures sont nombreux. Jasmina Maschina n'est peut-être pas quelqu'un de très lyrique et semble manquer singulièrement de chaleur, mais c'est tout simplement ce qui la démarque des autres. On pourrait la croire repliée sur elle-même, à la limite de l'autisme, mais c'est parce que sa musique est à fleur de peau et des plus sensibles. Ce premier album est d'une innocence totale et c'est ce qui le place à la limite de l'intouchable.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 28-08-2008

A voir également :

http://www.staubgold.com

http://www.myspace.com/jasminemaschine

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