.:.Chronique.:.

Pochette

Marek Bois

Boissche Untiefen

[Rrygular/Kompakt::2008]

La techno minimale va bien. Elle va très bien même. Preuve en est ce foisonnement qui ne se dément depuis quelque temps. Si le nombre n'est pas suffisant pour attester de la bonne santé d'un genre musical, il faut admettre que pour la minimale la qualité est souvent au rendez-vous. Là encore, c'est une véritable pépite qui va nous occuper. Une double pépite puisque Boissche Untiefen est un double album qui vaut largement le détour. Son auteur, Marek Bois, n'est pas un inconnu. Derrière ce pseudo se cache Niklas Worgt, connu plus sûrement sous le nom de Dapayk, qui oeuvre pour la cause techno depuis le début des années 90. Fondateur du label Mo's Ferry, Worgt a finalement étendu sa sphère d'influence en créant des sous-labels comme Fenou et Rrygular. C'est sous cette dernière structure (dédiée principalement à la minimale) que la plupart des disques de Marek Bois ont été édités. Les quelques autres restants sont trouvables sur le non moins intéressant label Trapez. Boissche Untiefen est le premier (double) album de Marek Bois après la publication d'une belle série de maxis entamée en 2006. Worgt donne ici tout son sens au terme 'minimal'. On y constate une sobriété sonore et de moyens qui n'enlèvent en rien le côté très dansant de ses productions. Adepte de la répétition à outrance, l'Allemand s'en donne à coeur joie en créant une musique aussi groovy que mécanique.

Si le premier disque présente des morceaux enregistrés en studio, le second nous montre les capacités de Marek Bois en live. La différence ? A vrai dire elle reste difficile à faire. On a l'impression d'une réplique à l'identique. Du moins, dans la forme. Si la musique de Niklas Worgt se révèle plus qu'attrayante, elle ne laisse que peu de place à la fantaisie. Boissche Untiefen est d'une précision métronomique et tout semble être calibré pour qu'aucune tête ne dépasse. Sur plus de deux heures de musique, Marek Bois martèle une minimale qui ne sort pas des cadres germaniques mais qui s'écoute, malgré tout, avec un réel plaisir. Il faut être un petit peu honnête. Boissche Untiefen est sans doute, par certains côtés, un peu rigide mais on y trouve largement son compte. On se prend ainsi au jeu de cette musique robotique, pas si froide que cela et qui peut vous entraîner vers des heures indues. Ceux qui n'avaient pu se procurer les maxis seraient tout de même assez inspirés de s'approprier ce double album qui, sans donner de réel coup de fouet au genre, peut se placer comme l'une des belles références du moment.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 01-08-2008

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http://www.rrygular.com

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