.:.Chronique.:.

Pochette

Astrïd

&

[Arbouse Recordings::2008]

|01 (cd 1) N|02 Sacré|03 La Foulée|04 F|05 Kali|06 D|07 Déjà Vu|08 Ecran|09 R|10 (cd 2) Low Blues|11 Caminando|12 La Chambre|13 34|14 "Beware..."|15 Les Camisards|

Ce deuxième album du trio Astrïd est un projet ambitieux. A leur place, beaucoup d'autres se seraient contentés d'un seul disque. Astrïd a choisi de doubler la mise et de faire de & une œuvre marquante. Sur ce dernier point, la musique du groupe est suffisamment évocatrice pour qu'elle ne laisse pas indifférent. Entre post-rock, néo-contemporain ou musique improvisée tendance Fred Frith (dont le guitariste Cyril Secq est un fervent fan), la formation se crée un univers particulier basé sur une certaine lenteur et des ambiances mornes. Nous n'avons pas affaire à une musique démonstrative mais plutôt à des schémas alambiqués et introspectifs. Ici, tout se vit de l'intérieur, confiné dans un espace sonore qui semble ne s'adresser qu'a une seule et même personne. Pour autant, & n'est pas un album où tout est cloisonné. Astrïd paraît être parfaitement libre de ses mouvements, passant d'un paysage sonore à un autre avec une certaine aisance, allant du sombre à la lumière sans que cela ne pose problème. Sur le site du label, leur biographie cite John Fahey, Talk Talk ou le label ECM pour évoquer ce disque. Certes, on pourra y trouver quelques points communs, certaines concordances et rien que l'idée n'est pas mauvaise. Ils ne sont, en effet, pas si nombreux à se réclamer de ces artistes majeurs. A la limite, ce double album est presque une invitation à revisiter leurs discographies respectives.

Ainsi, il faudra savoir prendre son temps pour apprécier &, goûter chaque note comme si le souci du détail était primordial. On pourra peut-être leur reprocher quelques longueurs mais, en même temps, c'est ce qui fait l'essence de ce disque. Les morceaux sont longs, histoire de bien vous faire ressentir toute la quintessence de la musique. Par contre, ce qu'on ne pourra pas leur glisser entre les jambes c'est le phénomène de répétition. Astrïd varie toujours ses effets autours de squelettes musicaux, ce qui fait qu'on n'a jamais l'impression de vivre la même séquence. Leur champ de manœuvre semble être alors infini et ils comptent visiblement aller aussi loin qu'ils le peuvent. N'est-ce pas le but de tout artiste finalement ? Repousser tous les possibles est, manifestement, un défi que tente de relever la formation nanto-marseillaise. & est alors de ces disques inclassables, dont la beauté nous paraît insaisissable mais qui finit par nous attirer irrésistiblement. Astrïd est en train d'atteindre son firmament et on leur souhaite vraiment qu'ils y restent le plus longtemps possible.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 28-07-2008

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http://www.arbouserecordings.com

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