.:.Chronique.:.

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Kontour

Scanners

[Some Bizarre::2008]

|01 The Kennedy Syndrome|02 Loose Wire|03 Fireworks|04 Scanners|05 Inhalation|06 Necromance|07 Taken|08 Pressure Point|09 Unseen|10 SHC|11 Second Skin|12 Lazarus|13 Setting Sun|14 Snow Blind|15 Lest We Forget|

Le thème de la paranoïa n'est pas spécialement nouveau dans la musique industrielle. Cependant pour David Hunt le sujet est toujours d'actualité. Ardent défenseur de la vie privée, il s'interroge sur l'omniprésence de caméras dans les grandes cités urbaines, épiant tous les faits et gestes de n'importe quel quidam. Quoi que vous fassiez, on vous regarde, on vous scrute, on vous surveille. Scanners n'a rien de caricatural dans son propos, car il pose vraiment le problème d'une société qui part dans une dérive sécuritaire dont on ne sait jusqu'où elle ira. De fait, la musique de Kontour est oppressante, clinique, tiraillée entre des sentiments malsains et des ambiances schizophrènes. On peut se demander si David Hunt n'en fait pas un peu trop, si lui-même n'est pas atteint par une paranoïa aiguë. Il ne faudrait pas, pour autant, le prendre comme un apologiste du complot permanent mais plus comme quelqu'un qui a la volonté de restituer un état d'esprit qui se développe à travers le monde. Certes, nous sommes encore loin d'être arrivés à la situation décrite dans 1984 et rien ne dit que nous irons jusque-là, mais la démarche de Kontour est un appel à la vigilance.

Musicalement proche de la mouvance originelle de la musique industrielle, Kontour espère ainsi marquer les esprits. Manifestement, David Hunt y parvient au-delà de toute espérance. Globalement inquiétant, Scanners explore les côtés les plus sombres de nos esprits, fait resurgir les craintes et réveille les bas instincts. Avec une totale froideur, que l'on a déjà rencontrée sur les premiers albums de Cabaret Voltaire ou Throbbing Gristle, Kontour nous met au pied du mur. Il n'y a pas d'espoir dans sa musique, rien qui puisse laisser place à l'optimisme. Pour autant, ce disque n'est pas plus un plaidoyer pour l'abandon de toute réflexion. Hunt nous laisse alors le choix. Admettre le miroir déformant qu'il nous offre ne laissera que deux possibilités. Soit l'acceptation de son sort, soit une prise de conscience qui impliquerait à la défense des libertés individuelles. Aussi éprouvant que fascinant, Scanners ne doit pas être pris à la légère.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 18-06-2008

A voir également :

http://www.kontour.co.uk

http://www.myspace.com/kontour1

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