.:.Chronique.:.

Pochette

O'Malley, Stephen & Csilhar, Attila

6°Fskyquake

[Mego::2008]

Le projet traînait dans l'air depuis 2001 mais ce n'est vraiment qu'en 2007 qu'il a pris définitivement forme. Pour autant, ce qui est présent sur ce disque n'est qu'un aperçu de ce qui a effectivement été joué pendant le spectacle du sculpteur Banks Violette. En effet, la composition est censée durer plus de huit heures trente. Ici, elle est résumée à une trentaine de minutes, ce qui est amplement suffisant pour retranscrire et donner une idée de la performance. Alors que Stephen O'Malley s'ingénie à créer une musique opaque et fantomatique, Attila Csihar, de son côté, évolue dans un mysticisme total inspiré par son expérience au sein du Tokyo impérial. La profondeur et la gravité de son chant répond aux lignes électroniques pesantes d'O'Malley. Clairement, 6°Fskyquake a une dimension introspective qui ne se dément pas tout au long du disque. Les sonorités stridentes, qui sont tenues de manière quasi générale, trouvent leur opposé par des basses fréquences lourdes qui apparaissent comme des drones à la lenteur envahissante. D'ailleurs la lenteur s'affiche ici comme une nécessité qui impose une atmosphère oppressante.

Pourtant le duo ne joue pas l'affrontement. Tout au contraire, il s'évertue à installer un climat de confiance dans lequel il peut explorer une musique qui semble tout droit sortie des limbes. De fait, il n'est pas toujours aisé de prendre ses marques et il faut un effort de concentration intégrale pour pénétrer dans cet univers si particulier. Heureusement pour nous 6°Fskyquake n'est pas qu'une longue litanie mortifère qui serait bâtie sur une simple séquence. Les deux hommes modulent les effets, utilisent le silence comme un atout majeur et évitent subtilement toute tentation de fixation sonore. Minimaliste au plus haut point, ce disque n'accorde aucune place à la fantaisie. Les variations utilisées ici sont le fait d'une réflexion savamment pesée et on imagine fort bien que le hasard n'a pas sa place en ces lieux. L'hermétisme assumé de ce disque en rebutera certainement plus d'un mais O'Malley et Csihar ont eu ce mérite d'aller jusqu'au bout de leurs idées, prenant le risque d'une musique difficile, voire extrême. La beauté est parfois à ce prix mais cette beauté-là n'est pas faite pour tout le monde.

note : 6.5

par Fabien, chronique publiée le 04-06-2008

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