.:.Chronique.:.

Pochette

M.B. + E.D.A.

Regolelettroniche

[Baskaru::2008]

|01 Earthly Principle|02 Cosmic Norms|03 Universal Order|04 Electronic Rules|

Ancienne figure de proue de la scène industrielle des années pionnières, Maurizio Bianchi s'est eclipsé au beau milieu des années 80 pour assouvir une nouvelle passion mystique. Il n'en sortira qu'en 1998, repêché des eaux par Emanuele Carcano du label Alga Marghem. Revenu aux affaires, Bianchi a repris cette habitude de sortir frénétiquement des albums à tout va mais son radicalisme dans lequel il fustigeait la «décadence technologique» s'est particulièrement assagi, prônant une musique nettement plus portée vers les firmaments ambient. Ici associé à Emanuela De Angelis (Tu M', Mou, Lips !), il produit quatre pièces faites de boucles, de nappes et de mélodies minimalistes et discrètes. Regolelettroniche est le genre de disque qui vous absorbe rapidement et qui, par ses aspects hallucinés, redonne goût aux architectures sonores abstraites. Si on peut leur opposer leur différence d'âge, les deux protagonistes ont certainement la même vision de l'exploitation des sons. Ainsi, Bianchi et De Angelis explorent tout deux l'infini et les grands espaces. Drones, boucles, vagues, échos sonores, tout s'assemble d'une manière des plus harmoniques, comme si cela était le résultat d'une science qui n'a pas encore dévoilé tous ses secrets.

Regolelettroniche ne semble, alors, pas avoir de fin. Un morceau comme Cosmic Norms peut paraître interminable mais sa beauté immaculée efface toutes les longueurs. D'ailleurs, on imagine assez mal que ce type de musique puisse s'exprimer sur de courtes durées. On enlèverait toute substance aux pièces, les empêchant de prendre toute l'ampleur qui leur sont nécessaires. Sur Regolelettroniche on perd facilement la notion du temps. On peut rester bloqué dans ce que l'on croit être une sorte de mouvement perpétuel mais comme tout n'est qu'illusion, les compositions finissent tout de même par s'enchaîner. Regolelettroniche est, somme toute, un disque assez classique qui fait la part belle aux drones de toutes sortes. D'ailleurs, l'album est présenté comme étant l'une des incarnations des «rêgles du droning». Soit. On restera cependant sur cette impression d'un album envoûtant et solide qui est l'oeuvre de deux musiciens dont l'expérience n'est plus à remettre en cause.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 06-05-2008

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