.:.Chronique.:.

Pochette

June Madrona

The Winged Life

[Waterhouse Records::2008]

|01 An Early Spring|02 Bedroom Faeries|03 Bellingham Wind|04 Cinder|05 Method Acting|06 My Secret Father|07 Night Blossoms|08 Pine Street|09 Son|10 St Helens|11 Summer Nights|12 Tent Caterpillars|13 The Deschutes|14 The Winged Life|

On dira ce qu'on voudra mais l'engouement folk de ces derniers temps est en train de prendre largement le dessus. La vague post-post-punk est en train de s'éteindre doucement alors que les amateurs de The Arcade Fire, Beirut et autres Moriarty ne cessent d'augmenter. Comme toujours, un succès suscite évidemment des vocations qui ne sont pas toujours à la hauteur. C'est inévitable. Heureusement, June Madrona n'est pas à mettre dans cette catégorie. Adeptes d'une musique calme et épurée, Ross Cowman et ses comparses oeuvrent dans un registre bucolique et intimiste. L'associaton au chant entre Ross Cowman et Onyx Dixon fonctionne à merveille sans qu'on ne lui trouve de défauts majeurs. Pour ne pas lasser, le duo évite de rééditer l'expérience sur la longueur de l'album. Il faut aussi comprendre que, à la base, June Madrona est le projet du seul Cowman et que les musiciens qui lui sont associés sont juste invités pour donner une meilleure contenance aux morceaux. De ce point de vue l'objectif est largement atteint. The Winged Life est un disque lumineux, léger comme l'air et aspirant à une paix poétique qui trouve son adéquation dans un léger spleen.

D'une certaine manière, voir aujourd'hui apparaître des disques tels que celui de June Madrona est un peu la revanche posthume d'un Nick Drake. Maudit de son vivant, il n'aura eu de cesse de hanter bon nombre de musiciens qui ont eu un peu de patience pour jeter une oreille à ses quelques disques. June Madrona ne pourra guère renoncer à cet héritage. Il pourra même le revendiquer haut et fort même si ce ne sera pas le seul nom qui viendra à l'esprit quand on écoutera The Winged Life. Un titre, d'ailleurs, qui est inspiré d'un poème de William Blake et qui pose l'humeur de l'album dans sa globalité. Ce deuxième effort de June Madrona est le genre de disque qui se vit comme une excursion solitaire, une expérience introspective qui nous ramène avec humilité aux choses les plus essentielles. Pourtant The Winged Life n'est peut-être pas encore le coup de maître que June Madrona est en droit de faire. Il faut bien avouer qu'étant donné l'engouement pour la chose acoustique et folkisée, nous avons eu notre lot de disques de grande classe. Celui-ci n'est certainement pas le plus moche, loin s'en faut, mais il faudra se surpasser afin de dépasser tous les autres. Ross Cowman n'est sans doute pas dans une phase concurrentielle, il vit sa musique passionnément et cela suffit bien amplement. Rien que pour cela on lui laisse volontiers tout le temps qu'il désire pour sortir le joyau qu'il est en mesure de faire.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 23-04-2008

A voir également :

http://www.waterhouserecords.com

http://www.myspace.com/junemadrona

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