.:.Chronique.:.

Pochette

Bashung, Alain

Bleu Pétrole

[Barclay/Universal::2008]

|01 Je T'Ai Manqué|02 Résidents De La République|03 Tant De Nuits|04 Hier A Sousse|05 Vénus|06 Comme Un Légo|07 Sur Un Trapèze|08 Je Tuerai La Pianiste|09 Suzanne|10 Le Secret Des Banquises|11 Il Voyage En Solitaire|

Il est tout de même rassurant d'avoir des gens comme Alain Bashung quand on voit la médiocrité globale qui règne dans la chanson française de ces dernières années. A tous points de vue, et à quelques rares exceptions près, il est l'un des derniers monstres sacrés qui n'a jamais eu besoin de s'exposer inutilement pour exister. Intouchable il est, intouchable il restera. Comment peut-il en être autrement quand on se remémore la discographie de ce chanteur unique qui a connu la consécration définitive et indéboulonnable avec Fantaisie Militaire ? Bashung pourrait alors tout se permettre mais c'est toujours avec une musique exigeante qu'il a continué sa route. L'Imprudence avait été une sorte de rupture. Album plus expérimental, il abandonnait clairement le format classique de la chanson. Bashung estimait alors qu'il avait fait le tour de la question et qu'il était temps pour lui de passer à une architecture mélodique plus complexe et plus sombre. Finalement, avec Bleu Pétrole, il revient à des sentiments qu'on avait déjà rencontrés dans Fantaisie Militaire, Osez Joséphine ou Chatterton. La Tournée Des Grands Espaces a été le déclencheur de ce revirement. Bashung ne voyant plus l'intérêt d'accorder un successeur direct à L'Imprudence, il pensait plus à un disque qui trouverait sa place “quelque part entre la country, la pop et la folk”.

Pour ce faire il s'est entouré de Gaëtan Roussel (Louise Attaque), M. Ward, Marc Ribot (un fidèle) ou Mark Plati. A l'écriture on retrouve le même Roussel et Arman Méliès mais la grande surprise de l'album est la présence de Gérard Manset qui a sorti sa plus belle plume pour un Bashung littéralement transporté. Mais c'est aussi un Bashung transformé qui nous apparaît sur ce Bleu Pétrole, comme s'il était libéré de quelque de chose de pesant qui l'empêchait de s'extérioriser. Revenu à des sentiments moins torturés (quoique...) Bashung est aussi serein que lumineux. Les obscurs remous provoqués par Fantaisie Militaire et L'Imprudence semblent être mis de côté et notre homme se porte plus vers l'humain et ce qui l'entoure. Il va même jusqu'à reprendre Suzanne de Léonard Cohen, sommet de profonde humanité, et boucle l'aventure avec un ultime hommage à Manset avec une adaptation de Il Voyage En Solitaire. Pas encore tout à fait guéri de ses blessures, Bashung semble être sur une voie de rédemption. Il revit et nous avec lui.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 11-04-2008

A voir également :

http://www.alainbashung.fr

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