.:.Chronique.:.

Pochette

(être)

I Can't Take My Head To See HIGHER Becouse The Sky Is Landing Over My Neck

[Riz(h)ome Records::2008]

|01 Endstation Palindromes (For Angus MacLise)|02 Music For Nobody And YOU (For Jackson Pollock)|

A Post-Fordist Parade In The Strike Of Event (2006) avait entamé un cycle que Salvatore Borrelli avait nommé Trilogy Of The Voice. Entretemps, Voices Stomp Flames For Requiem Times (Ruralfaune – 2007) était venu poursuivre le projet. I Can't Take My Head... vient donc clore ce long effort électro-acoustique qui place (être), non pas comme quelqu'un d'à part, mais comme l'un des meilleurs artistes de sa génération. Du moins dans ce genre-ci. Pour autant si ce troisième volet fait partie d'un triptyque assez personnel c'est aussi une oeuvre de commande qui a servi à illustrer une installation réalisée par Federica Ravanelli. Echange de bons procédés, cette dernière sera aussi à l'origine des photos servant de visuel à l'album. Je dis bien des photos puisque cette édition possède pas moins de sept pochettes différentes. Pour en revenir au disque lui-même il est composé de deux longues pièces dont le thême principal est la relation amoureuse. Usant principalement de laptop, de guitares électriques, de voix, d'instruments indiens et de kalimba, Salvatore Borelli parvient à une musique presque mystique, un long champ d'exploitation de ressources sonores assez riches et qui se fondent dans un ensemble à la structuration aléatoire mais doté d'une profondeur certaine.

Oeuvre difficile, elle se veut pourtant comme une musique qui serait l'écho même des relations homme-femme. Une interprétation qui reflèterait autant la pureté de la chose que sa complexité. Ce n'est pas un sentiment unique mais bien une multiplicité émotionnelle qui doit être prise en compte. Cela n'a pas échappé à Salvatore Borelli qui s'est efforcé de jouer sur cet état de fait. La chose n'est évidemment pas facile à mettre en oeuvre, pas plus que de trouver un compromis acceptable qui puisse permettre de créer un lien entre les différentes sensations. C'est pour cela que I Can't Take... n'est pas à sens unique et que dans chacune des deux pièces l'Italien se permet intelligement de prendre des chemins divers. Ces cinquante minutes, que Salvatore Borelli conseille d'écouter à fort volume tout en étreignant son ou sa partenaire, sont d'une belle intensité. Certes l'approche est sans doute des plus abstraites mais elle est aussi profondément humaine. C'est ce qui semble, finalement, être l'essentiel.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 04-04-2008

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