.:.Chronique.:.

Pochette

Reynolds, Anthony

British Ballads

[Hungry Hill / Spinney Records::2007]

|01 I Know You Know|02 Those Kind Of Songs|03 Bread And Wine|04 Country Girl|05 The Disappointed|06 A Quiet Life|07 Where The Dead Live|08 The Hill|09 Just So You Know|10 Song Of Leaving|

L'aventure Jack est loin derrière Anthony Reynolds. The End Of The Way It's Always Been, c'était en 2002. Une éternité. Entre temps Neu York (Secret Crush Records – 2004) était venu combler le vide mais de manière trop discrète pour que l'on s'en rende vraiment compte. British Ballads signe son vrai retour mais se présente aussi comme un adieu aux armes. Il le clame un peu partout : British Ballads sera son dernier album. Non pas qu'il ne veuille plus en faire mais qu'il ne se sent pas capable d'en faire un autre. Suivant cette logique il rejette la plupart de ses oeuvres ne retenant que Pioneer's Soundtrack et ce British Ballads (à ce sujet on peut voir l'interview qu'il a accordé dans le numéro 117 de Magic). Ainsi Anthony Reynolds est censé avoir donné le meilleur de lui-même dans ce disque. L'album ultime, celui qui ferait oublier tous les autres. En tout cas il compte bien disparaître après ce disque nous laissant dans le plus profond regret d'avoir remisé dans l'ombre d'autres crooners au talent discutable et qui ont parfois été surestimés. Comme c'est son baroud d'honneur, Reynolds se sera attaché les services de Vashti Bunyan, Colin Wilson, Dot Allison, Simon Raymonde (Cocteau Twins) et John Howard (autre crooner qui a connu son heure de gloire dans les 70's avec son premier album Kid In A Big World).

A l'instar de l'un de ses maîtres, Scott Walker, Anthony Reynolds est ici en état de grâce, sombre et lumineux à la fois. Il est sans doute l'un des derniers à pousser la sophistication aussi loin sans que l'on ressente la moindre lourdeur ou le moindre ennui. British Ballads est un disque complètement sublimé par son auteur et on peine à croire que ce grand buveur devant l'éternel soit aussi près du désastre comme il le prétend lui-même. En dix titres, tous aussi habités les uns que les autres, il renvoie pourtant Rufus Wainwright à ses chères études, fait passer Neil Hannon pour un simple amateur et Jarvis Cocker pour un insignifiant scribouillard. Le constat est dur. On se rend compte que ceux qui l'ont soutenu pendant si longtemps sans réel succès avaient toujours été dans le vrai. Seul lui peut se réclamer dignement de Scott Walker voire l'égaler sans risquer le ridicule ou la grandiloquence. Anthony Reynolds est allé au bout de lui-même et n'a plus rien à donner. Il faudra prendre British Ballads comme son testament à moins qu'il ne renaisse de ses cendres, se fabrique une nouvelle carapace et qu'il retrouve tout simplement l'envie de vivre. On peut toujours rêver.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 19-02-2008

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http://www.anthonyreynolds.net

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