.:.Chronique.:.

Pochette

Vogel, Cristian

Double Deux/Delicado

[Station 55 Records/Kompakt::2007]

|01 DD Engine|02 Slapping|03 FloPo|04 Transition_FloPo_Sxxx|05 SxSx|06 The Walk|07 Transition_Walk_Scream|08 The Scream|09 Delicado (disc bonus)|

Tout le monde connaît Cristian Vogel pour ses performances de DJ, sa participation au sein de Super Collider ou son travail de producteur pour Chicks On Speed par exemple. Sa discographie, également, fort riche, parle largement pour lui et a fait les beaux jours de labels comme Mille Plateaux, Novamute ou Tresor. Ce que l'on sait moins c'est que le Chilien s'est attaché depuis 2003 à se risquer à créer des musiques pour des spectacles de danse contemporaine. Il travaille essentiellement avec le créateur suisse Gilles Jobin, pour lequel il a déjà réalisé deux oeuvres. Double Deux est sa troisième collaboration qui se voit associée à Delicado, une musique réalisée pour le Ballet Gulbenkian en 2004. Cristian Vogel n'a plus rien à prouver, si ce n'est à lui-même, mais avec Double Deux et Delicado il continue d'étonner, de sortir des lieux communs de la musique électronique pour se placer sur un terrain de jeu où l'abstraction est reine. Avec Double Deux le minimalisme, les formes répétitives, les triturations sourdes et les drones sont de rigueur. En soi, rien de vraiment renversant mais Cristian Vogel dépasse le cadre de formes sonores trop basiques. Il donne un corps et une substance intense dans ses compositions qui peuvent faire penser aux expérimentations d'un Pan Sonic en grande forme.

Le parallèle est sans doute plus flagrant quand on écoute Delicado même si l'oeuvre se dirige, de plus en plus qu'elle évolue, vers la musique concrète. Ne voyez pas dans l'effort de Vogel un plagiat honteux. Nous n'en sommes heureusement pas là. Comparativement Vogel est assurément plus «mélodique», moins froid et moins monolithique. En tout cas notre homme n'est pas en manque d'imagination car, que ce soit Double Deux ou Delicado, chacune des deux oeuvres est remplie de reliefs ne laissant jamais l'auditeur sur la même impression. Vogel arrive à évoluer sur une base musicale minimale et joue les apprentis sorciers avec bonheur. Finalement le Barcelonais d'apoption n'est jamais aussi à l'aise que lorsqu'il évolue dans une sphère expérimentale. D'ailleurs dans le genre, on peut le dire sans trop se tromper, il n'a vraisemblablement de leçons à recevoir de personne. Ainsi Double Deux et Delicado offre une facette de Cristian Vogel qu'on n'avait pas trop eu l'occasion d'entendre et manifestement, cette facette, est l'une des plus belles du personnage.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 31-01-2008

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