.:.Chronique.:.

Pochette

Murcof

Cosmos

[Leaf::2007]

|01 Cuerpo Celeste|02 Cielo|03 Cosmos I|04 Cometa|05 Cosmos II|06 Oort|

Il n'est pas peu dire que le cosmos a inspiré un nombre incalculable de gens. L'un des derniers en date à s'être laissé emporter par le sujet n'est autre que Fernando Corona, plus connu sous le nom de Murcof. Etant donné que ce genre de thème avait déjà été traité, le premier souci du Mexicain a sans doute été de se creuser la tête pour ne pas tomber dans les nombreux clichés qu'a pu susciter l'aventure spatiale. La tâche n'était guère évidente et par moments Murcof n'a pu s'empêcher de placer quelques calques faisant penser à des influences plus que visibles. Ainsi il a cette tendance un peu trop visible à Vangeliser sa musique. Bien qu'il abandonne le côté assez massif du Grec, il garde pour lui une interprétation des plus monolithiques. Ceci dit Murcof ne se contente pas d'être une copie ou un reflet de l'ex-Aphrodites Child. Il dépasse ce simple stade de l'élève polissé pour apporter une touche plus froide, plus inquiétante qui touche à une certaine inconnue, celle de l'imensité de l'espace, de ses zones d'ombres et de la fascination qu'elle peut susciter. Pour cela, il n'hésite pas à intégrer à sa musique une connotation plus abstraite qui s'étend comme une tache d'huile. Comme un lent virus, la musique de Murcof se propage insidieusement dans notre inconscient et développe une idée de l'exploration de l'espace qui est encore loin d'être achevée.

En somme Murcof a repris à son compte une architecture sonore déjà existante tout en y apportant sa vision personnelle, sombre, opaque et mystérieuse. Finalement, l'affaire pourrait en rester là mais le Mexicain a suffisament de ressources pour que Cosmos ne soit pas qu'une extension mystique propre à n'intéresser que quelques illuminés. Certes l'album est beau, limpide et bourré de subtilités électroniques mais il faut, tout de même, écouter ce disque avec un tant soit peu de recul. Le talent de Murcof n'est pas en cause ici, ni même son travail sur ce disque mais il faudra relativiser toute comparaison avec des travaux musicaux similaires qui pourraient, au final, lui enlever toute crédibilité. Tout au contraire, si l'influence de Vangelis est évidente, à laquelle on pourra sans doute rajouter celle de Richard Pinhas, il serait intelligent d'appréhender Cosmos comme une reprise logique d'une idée artistique qui n'était pas arrivée à son terme. Murcof reprend donc les choses là où d'autres les avait laissées et, au vu de ce disque, l'initiative n'est pas si mauvaise que cela.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 12-01-2008

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