.:.Chronique.:.

Pochette

Ndegeocello, Meshell

The World Has Made Me The Man Of My Dreams

[Universal Music Jazz::2007]

|01 Haditha|02 The Sloganeer|03 Evolution|04 Virgo|05 Lovely Lovely|06 Elliptical|07 Shirk|08 Article 3|09 Blacknuss|10 Headline|11 Solomon|12 Relief (The End)|

Par chez nous, Meshell Ndegeocello est quasiment inconnue du grand public. Aux Etats-Unis, par contre, elle a déjà été mise sur le devant de la scène et sa carrière est tout à fait honorable et reconnue. Ce n'est sans doute pas pour rien qu'elle fut nominée neuf fois pour les Grammy Awards. On accordera à ce genre de trophée l'importance que l'on veut ou, même, pas du tout mais cela démontre au moins qu'elle est loin d'être la dernière des inconnues. The World Has Made... est son septième album et après être apparue aux côtés de Basement Jaxx, des Indigo Girls, The Blind Boys Of Alabama, Madonna, Herbie Hancock, Chaka Khan ou The Rolling Stones, c'est à présent aux autres de venir soutenir la chanteuse-bassiste sur ce disque conçu au forceps. De toute façon on ne compte plus vraiment ceux qui sont venus prêter main-forte sur ses différents disques tant le personnage force le respect. Ici ce sont des gens comme Pat Metheny, Robert Glasper ou Brandon Ross qui s'y collent. On peine à imaginer que cela puisse être une punition. Au contraire c'est la passion qui rythme l'ensemble de cet album qui oscille entre rock-fusion, jazz, soul et pop new-wave.

The World Has Made... est tout en sautes d'humeur. Par moment d'une excitation rageuse on peut aisément passer à des instants d'apaisement qui contrastent avec la tension à peine contenue des autres morceaux. Ceci fait que le disque est à l'image du personnage : changeant et ambigu. Ce qui est certain c'est la présence de cette basse lourde, épaisse, qui surplombe tout et qui donne une intonation particulière à l'album. The World Has Made... est le genre de disque généreux, peut-être un peu surproduit, mais qui s'écoute avec un large plaisir ne serait-ce que pour apprécier la qualité d'écriture de la dame, sa capacité à se renouveler de morceau en morceau ainsi que sa voix suave et chaleureuse. Meshell Ndegeocello a toujours été cette artiste au libre ton et, une fois de plus, elle prouve que ce n'est pas aujourd'hui qu'elle va se plier à la bienséance artistique. Grand bien lui fasse.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 20-12-2007

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