.:.Chronique.:.

Pochette

Dust Dive, The

Claw Of Light

[Own Records ::2007]

|01 Babyface In A Pickup Truck|02 Screen Light Flu|03 Claw Of Light|04 Rope Swing 2000|05 Cut The Day With A Steak Knife|06 Catfish From The Pharaohs|07 Starlet/Miss Brooklyn|08 Green River|09 Gowanus Meadowlarks|10 Fort Acid|11 Postcards Of Real World|12 East Fork Rainbow|

Sur la foi d'un premier album(Asleep Or Awake Walk) salué par bon nombre de critiques, The Dust Dive joue les prolongations avec Claw Of Light qui intègre Jason Loewenstein (Sebadoh, Fiery Furnaces) à la production. La bonne nouvelle est que le charme mélancolique laissé par l'album précédent n'a pas disparu sur celui-ci. Acoustique et profondément basé sur des mélodies infiniment tristes, Claw Of Light va, certes, moins surprendre mais Ken Switzer et ses comparses (Laura Ortman et Bryan Zimmerman) n'ont rien perdu de leurs qualités déjà rencontrées. Vous pouvez donc vous asseoir, penser aux instants magiques vécus avec les disques de Will Oldham ou, pour les plus instruits, ceux de Camper Van Beethoven. Evidemment c'est triste à pleurer, ça ne transpire pas la débauche d'énergie, du moins pas celle qu'on croit, il y a une beauté touchante qui se dégage de chacun des morceaux avec une limpidité minimaliste assez admirable. Contrairement à ce que l'on pourrait penser ce disque n'est pas aussi froid que cela. Il est la chaleur même, celle qui vous protège en vous sussurant au creux de l'oreille ce que Ken Switzer considère comme de la “musique expérimentale de feu de camp”.

Il faut dire que The Dust Dive ne fait pas simplement de l'americana pour faire comme tout le monde. Le groupe n'est pas le genre de formation de folkeux purs et durs. Souvent considéré comme faisant autant de la musique urbaine que des divagations naturalistes, The Dust Dive vit très bien de cette ambivalence. C'est d'ailleurs avec une certaine aisance que le groupe vit cette aventure mélancolique. Avec trois bouts de ficelle ils arrivent à rendre magique n'importe quel de leurs morceaux. Claw Of Light est sans doute un disque triste mais, en même temps, plein d'espoir car il ne sombre jamais dans les basses oeuvres de la dépression. Au contraire ce disque, avec ses guitares cristallines et son ton détaché, est beaucoup plus lumineux qu'il n'y paraît et offre de réels instants de bonheur. Qu'il soit conscient ou non de son talent, The Dust Dive vient de nous donner, en deux albums, une leçon d'humilité artistique. Leur parcours est, pour l'instant, sans faute. Il ne tient qu'à eux qu'il le reste mais tant qu'ils seront capables de sortir des disques de la qualité de ce Claw Of Light, il n'y aura pas de soucis à avoir.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 07-12-2007

A voir également :

http://www.myspace.com/thedustdive

http://www.ownrecords.com

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