.:.Chronique.:.

Pochette

Shankar, Anoushka & Kale, Karsh

Breathing Under Water

[Manhattan/Blue Note/EMI::2007]

|01 Burn|02 Slither|03 Breathing Under Water|04 Sea Dreamer|05 Ghost Story|06 PD7|07 Easy|08 Little Glass Folk|09 A Perfect Rain|10 Oceanic, Part 1|11 Oceanic, Part 2|12 Reprise|

A une époque où le gogo hippie pouvait s'abreuver de musique indienne en espérant benoitement la fraternité entre les peuples est révolue. En pesant sur la musique européenne quelque temps, elle a même été au coeur de disques tout à fait intéressants qui demeurent encore aujourd'hui des classiques. A présent la musique indienne n'a certes pas disparu mais son écoute s'est normalisée et ne fait plus office de phénomène de mode. Elle fait partie du système du monde et se confronte souvent avec bonheur avec d'autres cultures. Ravi Shankar a été l'un des meilleurs étendards du genre et même aujour'hui on regarde son oeuvre avec un profond respect. C'est sans doute naturellement que sa fille a suivi sa trace, modernisant le discours musical paternel tout en gardant intactes ses racines. C'est dans cette optique qu'Anoushka Shankar s'est associée à Karsh Kale pour un disque qui se fond dans un mélange de cultures musicales qui a déjà fait ses preuves par le passé. Si ici on sent bien que les deux protagonistes se sont donné beaucoup de mal pour créer et produire des morceaux alambiqués et tenant debout, il est assez manifeste qu'on ne bousculera pas non plus l'ordre établi. Bien souvent on reste dans le conventionnel et ce ne sont pas les interventions d'un Sting, finalement assez fidèle à lui-même, une Norah Jones et de Ravi Shankar qui changeront la donne. Breathing Under Water reste malgré tout un album tout à fait réfléchi, symbiose entre la musique indienne, la musique électronique, la pop et des envolées d'un ensemble de cordes.

Dans son ensemble l'association fonctionne assez bien mais le convenu est un peu de rigueur, sans qu'il n'y ait de reélles mises en danger. Le couple reste dans des schémas musicaux visités déjà à de nombreuses reprises et qui n'étonnent plus vraiment. On reste ainsi sur une impression mitigée où certains instants de grâce contrastent avec des formules usées jusqu'à la corde. Il n'y a donc pas vraiment de sensations fortes sur cet album mais de longs moments relaxants et empreints de cette rencontre permanente des cultures qui a, malgré tout, tout son intérêt. Un morceau comme PD7 est sans doute le plus emblématique de ce que les deux comparses ont su faire de mieux sur Breathing Under Water, sachant sortir de formats sirupeux pour touristes ignares. Un signe qui montre qu'Anoushka Shankar et Karsh Kale seraient bien inspirés de ne pas s'arrêter en si bon chemin. Il y a de la marge de manoeuvre.

note : 6.5

par Fabien, chronique publiée le 05-12-2007

A voir également :

http://www.anoushkashankar.com

http://www.karshkale.com

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