.:.Chronique.:.

Pochette

Wyatt, Robert

Comicopera

[Domino::2007]

|01 Stay Tuned|02 Just As You Are|03 You You|04 A.W.O.L.|05 Anachronist|06 A Beautiful Place|07 Be Serious|08 On The Town Square|09 Mob Rule|10 A Beautiful War|11 Out Of The Blue|12 Del Mondo|13 Cancion De Julieta|14 Pastafari|15 Fragment|16 Hasta Siempre Comandante|

A chaque fois que l'ex-Soft Machine sort de sa tanière pour éditer un disque, on peut être sur que la plupart, pour ne pas dire tous, des rock-critiques iront se prosterner devant son auguste personne. Il faut dire que sa discographie force le respect mais ce ne sera jamais une énorme star. Wyatt n'a, à aucun moment, cherché à être mis sous le feu des projecteurs, se contentant d'un public fidèle qui, en sous-main, a su l'installer comme l'une des meilleures choses qui soient arrivées en matière de songwriting depuis un peu plus de trente-cinq ans. Pour être tout à fait sincère, il faut avouer qu'ils n'ont pas eu vraiment tort. S'il demeure inconnu pour beaucoup, il n'en est pas moins un artiste essentiel qui n'a jamais réellement eu son équivalent et, en véritable franc-tireur, a publié des disques aussi incontournables qu'intemporels. Vous ne verrez pas une seule âme ayant un peu d'oreille pour oser affirmer que Robert Wyatt est un artiste secondaire. L'hérésie ne serait pas loin. Comicopera aura donc le sort qu'il mérite, c'est-à-dire un respect profond, sincère et attendri. En même temps, les disques de Wyatt c'est aussi un peu tout cela. L'homme s'est toujours dévoilé à travers sa musique en n'oubliant jamais qu'il s'adressait à un public attentif et tout aussi exigeant. Comicopera ne sera donc ni moins bon, ni meilleur que ces prédécesseurs. Il ne confirmera rien non plus puisque la réputation du personnage est établie depuis bien longtemps.

Disque découpé en trois parties (Lost Noise, The Here And The Row, Away With The Fairies), Comicopera comprend des titres que l'on connaissait déjà mais qui avaient eu une distribution assez inégale. Retravaillés, ces morceaux intègrent avec bonhomie le reste de l'album. Si on loue aujourd'hui Robert Wyatt en tant qu'artiste c'est aussi parce qu'il sait s'entourer. Sa compagne, tout d'abord, qui a écrit la plupart des textes, les musiciens, ensuite, qui, sur ce disque, sont légion (Brian Eno, Paul Weller, Phil Manzarena...) et, enfin, des chanteuses au timbre de voix si particulier (Seaming To, Monica Vasconcelos). Sur cette débauche de moyens, Robert Wyatt aura su faire les choses humblement, avec le raffinement qu'on lui connaît et, finalement, en allant toujours là où on l'attend encore le moins. Sa capacité à renouveler son répertoire est appréciable à plus d'un titre et Comicopera est le reflet parfait de cette tendance à montrer de multiples visages histoire de ne de jamais fatiguer l'auditoire. Alors, évidemment, nous n'apprendrons rien de plus, Robert Wyatt faisant du Robert Wyatt, mais, en soi, un disque de sa part c'est toujours une bonne nouvelle.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 30-11-2007

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