.:.Chronique.:.

Pochette

Kent, Stacey

Breakfast On The Morning Tram

[Blue Note::2007]

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Depuis des chanteuses comme Diana Krall ou Lisa Ekdahl, le jazz de salon avec des interprètes suaves, qui ne sont pas des performeuses braillardes mais de subtiles séductrices, est fortement en vogue ces temps-ci. La très francophile Stacey Kent en fait les frais et tant mieux pour elle. Pour autant n'aurait-on pas trop tendance à surestimer l'intérêt de la chose ? Bien souvent nous avons affaire avec des chanteuses qui se bornent à faire principalement des reprises ne laissant que peu de places aux compositions originales. On tourne facilement en rond mais le charme joue à fond mettant en avant une sensualité vocale et une production musicale léchée mais très scolaire. Stacey Kent, au fond, n'échappe pas à ces stéréotypes et fait preuve d'un classicisme effarant. Entre jazz, bossa et interprétations de chansons de Serge Gainsbourg l'Américaine essaye d'étoffer son registre. C'est tout à son honneur. Bien que limpide et chaleureuse Stacey Kent reste dans la ligne tracée par ses co-religionnaires. C'est là qu'on se rend compte qu'il n'est pas toujours facile de se forger une identité musicale. Finalement on ne peut pas vraiment la blâmer puisque techniquement cela tient fort bien la route et qu'elle fait passer une réelle émotion.

Il serait tellement facile de tirer à boulets rouges sur Stacey Kent, dire que c'est du vulgaire piano-bar de fin de nuit, que c'est d'une molesse digne d'une maison de retraite, bref se moquer grassement d'un style qui montre rapidement ses limites. Surtout qu'elle ne mérite pas vraiment ce genre de traitement. Il faut la croire réellement honnête dans ce qu'elle fait, et qu'elle s'investit pleinement dans sa musique. Mais finalement, qu'aurait-elle à craindre de petits scribouillards comme nous ? Le succès populaire est déjà à sa porte et la jeune femme est assez reconnue pour son talent dans le monde du jazz. Les critiques acerbes n'auront que peu d'importance. Reste alors ce disque qui, sans être exceptionnel, s'écoute d'une oreille facile et adoucie sans qu'on ait le sentiment que celui-ci mérite l'opprobre. C'est le moins que l'on puisse dire.

note : 6.5

par Fabien, chronique publiée le 29-11-2007

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