.:.Chronique.:.

Pochette

Delphine Dora and the Unexpected

We're all of this

[Greed Recordings::2007]

Heureusement que par chez nous, il y a de petits labels qui viennent défricher un peu le PMF (oui, le paysage musical français, vous savez, là où on veut nous faire croire qu'il n'y a pas d'autre musique que celle qui passe à la télé en prime time) ; heureusement qu'il y a des gens qui ne croient pas à ce formatage et qui donnent leur chance à des groupes comme on aimerait en entendre plus souvent. Greed Recordings fait partie de ceux-là. On avait déjà fortement apprécié la musique de Cornflakes Heroes, et voilà qu'on replonge encore avec celle de Delphine Dora Dans un style complètement différent des Caennais, elle nous enchante avec son style baroque et épuré, jouant sur le fil de la folie.

Beaucoup de spontanéité dans ces 22 titres, sans doute obtenue grâce au don qu'a Delphine pour l'improvisation. Un piano, des choeurs, des textes chuchotés, des cris... on hésite entre recueillement et schizophrénie, on oscille entre béatitude et obsession... alors pourquoi hésiter ? laissons-nous donc aller ! Ce n'est pas si grave de perdre le contrôle, de se laisser embarquer dans l'univers d'un artiste. Enfin de plusieurs artistes, puisque Delphine Dora s'est entourée de deux Unexpected. Et c'est finalement sans être trop surpris qu'on découvre que ces deux inattendus sont Half Asleep et Jullian Angel. Ces deux là avaient déjà travaillé ensemble sur l'album de Jullian, et il est presque logique de les retrouver aux côtés de Delphine.

Puisqu'ils s'y sont mis à plusieurs, ne luttons pas. Ne soyons pas surpris par le choeur a capella de “Twins” ; laissons-nous transporter dans ce cabaret où Jullian est maître des lieux, sur “Something about the world” ; acceptons ce chant dissonant sur “Psy Ballet”, nous en serons aussitôt récompensés par la sombre mélodie de “Don't say a world” ; sombrons dans la folie avec l'obsession répétitive de “These unexpected things”. Ne luttons pas, cela ne sert à rien. Ce sont eux les maîtres du jeu. Et il est agréable de se laisser aller au gré de leurs humeurs, de rencontrer ces personnages qui se dessinent dans notre esprit au fil des titres, de se laisser flotter dans ces paysages blancs. Finalement peut-être n'est-ce pas la musique de Delphine Dora qui joue sur le fil de la folie, peut-être est-ce nous...

note : 9

par Claire, chronique publiée le 07-11-2007

A voir également :

http://www.myspace.com/delphinedora

http://www.greed-recordings.com

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