.:.Chronique.:.

Pochette

Late Severa Wires, The

Three Minutes A Second

[High Mayem Studios/Import::2007]

|01 Electrotoggle|02 More Already Unsaid|03 Mass Over Volume|04 Mechanical Inversion Of Rights|05 No More Icebergs|06 On/Off|07 I'm Feeling Lightheaded|08 White Phosphorous|09 Like Shedding|

Le but avoué de The Late Severa Wires est de repousser les limites de la musique. Soit. C'est un beau challenge. Ce quatuor de musique improvisée, formé de Yozo Suziki, Mike Rowland, Carlos Santistevan et Ultraviolet, s'évertue depuis 2001 à remplir cette exigence qui, quoi qu'on en dise, est des plus difficiles à réaliser. Pour ce premier effort en studio The Late Severa Wires s'est servi d'une session marathon de 17 heures d'enregistrement. De cette expérience, où le groupe a laissé libre cours à toutes les fantaisies qui leur passaient par la tête, il en résulte un album où le noise côtoie le free-jazz, les collages en tous genres, un sampling sauvage, le tout faisant assez bon ménage. Véritable maelström sonore Three Minutes A Second est, cependant, tout à fait cohérent. Il n'est pas aussi anarchique qu'on pourrait le penser. Du moins pas dans le sens où on l'entend. Au premier abord il serait tentant de ne voir en ce disque qu'une destruction radicale de toute forme mélodique et traditionnelle de la musique. The Late Severa Wires, en fait, ne détruit rien. Ils ne font que dépasser un stade qui ne fait que limiter les possibilités de création. En effet, rien n'oblige un musicien à respecter à la lettre des règles préétablies. Les quatre compères poussent donc aussi loin que possible les capacités infinies de leurs instruments.

C'est pour cela que Three Minutes A Second est cohérent parce qu'il est jusqu'au-boutiste du début jusqu'à la fin. Il n'y a pas de compromis, aucun signe qui pourraient laisser penser qu'ils ont l'intention d'adoucir leur position. Disque tortueux et sans contours fixes, Three Minutes A Second est une expérience sonique assez forte qui nécessite une écoute à un volume suffisament élevé pour s'imprégner de toutes les nuances, aussi noisy et brutales soient-elles, qu'il offre. Sans doute ce genre d'essai n'est-il pas unique en son genre mais les Américains y ont insufflé une force sonore qui pénètre les chairs. On sera en droit de trouver cela tout à fait inécoutable mais ceux qui réussiront à franchir le Rubicon sauront déchiffrer les intentions et les qualités de ce disque à la puissance indéniable.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 26-10-2007

A voir également :

http://www.thelateseverawires.com

http://www.highmayhem.org

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