.:.Chronique.:.

Pochette

Bertilsson, Andreas

Paramount

[Komplott::2007]

|01 Movement I (Plains Of The Buffalo)|02 Movement II (Riding The Beast)|03 Movement III (A Moth To The Flame)|

Ayant laissé tomber, pour l'instant, son pseudo habituel (Son Of Clay), Andreas Bertilsson nous revient avec un album plutôt court. Cependant l'aboutissement de ce disque ne fut pas une mince affaire. Au point même que Bertilsson a failli en perdre la raison. Après pas mal de déboires techniques, il finit par s'installer dans une maison de campagne dont il se rend compte, du moins le croit-il, qu'elle est hantée. Des bruits inhabituels et des craquements divers sont venus se joindre à son processus créatif. Pour ne pas tomber dans la folie il se fixera à Malmö pour achever Paramount. Drôle de mésaventure. Ceci dit, Paramount sera ce mélange de sons environnementaux, de traitements électroniques passant du linéaire au tortueux et d'instrumentations acoustiques pour le moins accidentées. Paramount est clairement un album psychotique qui flirte dangereusement avec la claustrophobie et la paranoïa. Pour autant Bertilsson a su rendre ces trois pièces tout à fait fascinantes. Trois morceaux prenants qui, si ils sont écoutés dans des conditions adéquates, vous font basculer dans une atmosphère pesante, une sorte d'oppression permanente dont on ne saurait situer l'origine mais qui vous attire immanquablement et de manière inexplicable.

Si on peut considérer Paramount comme le disque le plus noir d'Andreas Bertilsson il n'est pourtant pas si éloigné de ses oeuvres précédentes qui jouaient sur l'abstraction et les clairs-obscurs. Ici Bertilsson, laisse passer la lumière et ne se contente pas d'un simple plongeon dans un gouffre sans fond. Il reste ambivalent tout en s'attachant à ne pas être si éloigné des maîtres de la musique concrète et acousmatique. A l'évidence il démontre, une fois de plus, qu'il est l'un des créateurs les plus ambitieux et talentueux dans ce genre où il est si difficile de trouver un équilibre et de pouvoir provoquer des sentiments forts et profonds. Paramount vient donc s'ajouter à une discographie déjà exemplaire et, de plus en plus, il apparaît comme son meilleur disque à ce jour. L'adversité lui a donc été profitable, mine de rien.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 10-10-2007

A voir également :

http://www.andreasbertilsson.com

http://www.komplott.com

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