.:.Chronique.:.

Pochette

Henriksen, Arve

Strjon

[Rune Grammofon::2007]

|01 Evocation|02 Black Mountain|03 Ascent|04 Leaf And Rock|05 Ancient And Accepted Rite|06 Twin Lake|07 Green Water|08 Alpine Pyramid|09 Wind And Bow|10 Strjon|11 Glacier Descent|12 In The Light|

Depuis l'âge de seize ans Arve Henriksen enregistre des séquences électroniques. Mais ce n'est qu'aujourd'hui que le Norvégien ressort ses tout premiers essais pour une relecture sonore inédite. Epaulé par ses camarades de Supersilent, Helge Sten et Stale Storlokken, il revient sur toute une époque où il vivait à Stryn (Strjon étant le nom médiéval de la ville). Une période pendant laquelle il s'est ouvert à la musique. Sans doute inspiré par un environnement fantastique fait de glaciers et de montagnes, Henriksen essaye de comprendre, comme il l'a déjà expliqué, son parcours musical ainsi que sa propre approche. Strjon serait-il comme une sorte de thérapie ? Une interrogation sur lui-même ? Ce qui est certain c'est que Strjon combine admirablement l'ossature électronique et l'accompagnement inspiré d'instruments organiques. Contrairement à ce que l'on pourrait penser il ne s'agit pas ici d'une musique glaciale mais plutôt d'un monde sonore entouré d'une aura chaleureuse et rassurante. Henriksen n'abandonne pas cette forme de mélancolie qu'on avait pu déceler dans Chiaroscuro mais ici, le Norvégien prend des chemins de traverses, sondant les profondeurs de son vécu de musicien. C'est pour cela que Strojn ne saurait être d'un seul bloc. Il est accidenté, changeant et largement en relief mais dégageant une sérénité dont on se demande si elle est vraiment naturelle. Strojn est bien à l'image de l'environnement du village de jeunesse d'Henriksen : une nature majesteuse, aux multiples formes et qui garde encore tout son mystère.

Strjon est sans doute à considérer comme l'album le plus personnel d'Arve Henriksen. En tout cas c'est celui qui fait le plus appel à ses souvenirs et à ses sentiments les plus cachés. Il n'est pas dit que tout puisse s'y retrouver. Néanmoins Strjon recèle de nombreux instants intenses, d'une beauté immaculée qui transcende un album qui n'aurait dû parler qu'à quelques-uns. Certains pourraient s'y sentir perdus mais en s'imprégnant de cette musique sortie du fond des âges on se livre à une expérience des plus enrichissantes. Ce genre d'album, on n'a pu l'entendre que chez les gens du Grand Nord et nulle part ailleurs, comme si ce modèle n'était pas exportable. Ce qui pourra être admis par tous c'est que Strjon, à l'image d'un morceau comme Glacier Descent, irradie d'une lumière peu commune. De celle, en tout cas, qui rend inclassable la musique d'Henriksen. C'est sûrement mieux ainsi.

note : 8.5

par Fabien, chronique publiée le 27-09-2007

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