.:.Chronique.:.

Pochette

Perrey, Jean-Jacques & Vibert, Luke

Moog Acid

[Lo Recordings::2007]

|01 Intro|02 Schwing|03 Analog Generique|04 Dream 106|05 Frere Jacques|06 JJPLVDNB|07 Ye Olde Beatbox|08 Vision For The Future|09 Messy Hop|10 White Knight (Black In The Day)|11 You Moog Me|

Parmi les légendes de la musique électronique il en est une qu'on a un peu trop tendance à oublier. Surtout actif dans les années 60, Jean-Jacques Perrey a été l'un des premier à démocratiser la musique électronique en la sortant de l'ornière expérimentale qui, par ses côtés un peu rigides et complexes, ne s'adressait qu'à un public d'initiés chevronnés. En allant s'installer aux Etats-Unis, Perrey avait fait un pari fou mais sous l'impulsion de Caroll Bratman il obtient rapidement de la reconnaissance, sortant plusieurs disques (The Happy Moog avec Harry Breuer, The In Sound From Way Out et Kaleidoscopic Vibrations avec Gershon Kingsley à qui l'on doit Popcorn, The Amazing New Electronic Pop Sound Of JJ Perrey et Moog Indigo) et se produisant fréquemment sur scène. Il a été l'un des premiers à rendre le sampling comme un outil performant et efficace. Rançon de la gloire, Perrey a été largement samplé à son tour par bon nombre de musiciens électro, toutes périodes confondues. Ce n'est donc pas si anormal de le voir aujourd'hui être associé à Luke Vibert. Un fossé générationnel les sépare mais Perrey, en tant que visionnaire, n'a rien perdu en terme de modernité et suscite toujours autant d'intérêt chez n'importe quel bidouilleur en herbe. Leur rencontre n'en est que plus naturelle et coule même de source.

La collaboration avec Luke Vibert, qu'on ne présente plus, avait déjà enfanté d'un maxi (Moog Acid) donnant ainsi le ton de l'album qui se profilait. Moog Acid, le long format, est le genre de gaminerie ludique et inventive qui rappelle que la musique électronique est encore faite par de grands enfants. Intelligent dans la forme il l'est aussi sur le fond faisant apparaître la technique du sampling sous l'un de ses meilleurs jours. Les mélodies faussement naïves de Perrey restent délicieuses. Les références 60's, hip-hop ou cinématographiques sont nombreuses mais jamais on ne se perd dans cette bibliothèque sonore à tiroirs. Malgré tout nous n'apprenons pas grand-chose que nous ne sachions déjà des deux hommes. Moog Acid est le reflet de la personnalité des deux protagonistes et même si l'association marche à plein régime on ne restera pas étonné par la performance. Ceci dit on y prendra beaucoup de plaisir et on se rendra compte que Jean-Jacques Perrey a toujours l'esprit aussi vivace. Pour Luke Vibert c'est peut-être un rêve de gosse qui se réalise. Une expérience unique, de celles qu'on ne peut refuser. D'ailleurs un disque comme Moog Acid ne se refuse pas.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 22-09-2007

A voir également :

http://www.lorecordings.com

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