.:.Chronique.:.

Pochette

Nourallah, Faris

Gone

[Kitchen/Blog Up Musique::2007]

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Depuis qu'il a mis un terme aux Nourallah Brothers, alors qu'un bel avenir leur était promis, Faris a pris l'habitude de sortir un album par an. Gone, son cinquième opus, est peut-être celui qui fera sortir le Texan de la confidentialité. En effet, bien qu'il s'évertue à ciseler depuis son studio des disques aussi lumineux qu'essentiels ce n'est qu'avec ce Gone qu'il semble connaître les joies de la célébration journalistique. A dire vrai il y a de quoi. Avec ses chansons courtes Faris va droit à l'essentiel et n'a pas besoin de développer pour mettre en lumière ce qui tombe sous le sens. Imperturbable dans son approche stylistique (le bonhomme avoue utiliser les mêmes moyens de production depuis la fin de sa collaboration avec son frère), Nourallah est un song-writer intuitif qui ne peut pas décemment se répéter. Ce risque l'obsède tellement qu'il ne cesse jamais d'écouter ses propres disques pour ne jamais refaire les mêmes choses ou les mêmes erreurs, si tant est qu'il y en ait (cf. l'interview accordée dans le n°110 de Magic – Revue Pop Moderne). Si on pourra reconnaître dans ses morceaux une influence 60's évidente il faudra, néanmoins, avoir une vision un peu plus large de la musique de Nourallah. Il est à la limite de l'intemporel, auteur-compositeur-interprète de son époque il est aussi tout aussi empreint d'une culture de pop-song qui ont émaillé et émerveillé l'Américain depuis quelques décénnies.

Avec une production de brocanteur Faris Nourallah se révèle ainsi nettement plus touchant que n'importe quel adepte de son parfait. Gone apparaît comme un disque inachevé mais tout ceci n'est qu'un leurre. Retouchées, ses chansons n'auront certainement pas le même charme, le même impact. Pire, il y a de grandes chances qu'elles perdent subitement tout intérêt. Le talent de Faris Nourallah réside dans cette capacité à rendre les choses claires, sans artifices et agents de saveurs frelatés. Il préfère l'authenticité à la redondance technologique. Qui pour s'en plaindre ? Sans doute personne et de plus en plus il nous apparaît comme une sorte d'oiseau rare, quasi en voie d'extinction, qu'il nous faudra défendre bec et ongles pour qu'il ne disparaisse pas, noyé par la masse de pseudo-génies au talent plus que discutable. De plus Nourallah a le coeur sur la main. Ne roulant pas forcément sur l'or, il se permet de ne pas toucher à ses royalties pour les accorder à l'ONG KnK qui s'occupe d'enfants asiatiques plongés dans la misère. Décidément le personnage force le respect.

note : 9

par Fabien, chronique publiée le 15-08-2007

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