.:.Chronique.:.

Pochette

Gut, Gudrun

I Put A Record On

[Monika Enterprise::2007]

|01 Move Me|02 Rock Bottom Rise|03 The Land|04 Cry Easy|05 Girlboogie 6|06 Blätterwald|07 Last Night|08 Sweet|09 Pleasuretrain|10 The Wheel|11 Tip Tip|

Patronne émérite et incontestée de l'un des meilleurs labels du moment, Gudrun Gut est aussi une artiste accomplie mais qui, pour des raisons qu'on comprendra aisément, n'a jamais pris le temps de se pencher sur ses propres projets musicaux. Elle s'est bien occupée d'une émission de radio et s'est fait plaisir en faisant le DJ de manière plus qu'épisodique mais ses réelles productions remontent assez loin dans le temps. Les plus férus de musique allemande se souviendront peut-être que Gudrun Gut fut membre de groupes comme Mania D., Malaria ! , Matador ainsi que de la première mouture de Einstürzende Neubauten. On l'aura vu également aux côtés de Blixa Bargeld ou d'Anita Lane mais jamais elle ne s'était vraiment lancée dans un effort solitaire. C'est aujourd'hui chose faite. I Put A Record On est sans doute l'album de ses envies, celui en tout cas où elle se livre le plus. Sur des ambiances posées et délicates, l'Allemande développe une musique électronique mutante qui vous enlace d'une manière des plus charnelles. Pour marquer définitivement ce sentiment Gudrun a pris le choix de ne pas réellement chanter mais plutôt de murmurer et tout en gardant une certaine distance elle fait comme si elle nous connaissait depuis une éternité. On plonge ainsi dans une sorte d'initmité presque mystérieuse mais en même temps très attirante et chaleureuse.

En usant d'une certaine forme de minimalisme et d'une certaine nonchalance rythmique, Gudrun Gut sait parfaitement qu'elle atteindra cette intimité qui se veut comme une sorte de confession, preuve d'un amour plein et entier. Cela tombe bien puisqu'elle ne parle, dans ce disque, que de cela. Et c'est en tout cas ce qui la motive. Sa vision de la chose est, heureusement, très loin de ressembler à de la guimauve saucissonnée. A chaque morceau elle se réinvente, préférant renouveler les approches et les utilisations électroniques. C'est sans doute pour cela qu'elle n'hésite pas à explorer les sonorités sud-américaines (Move Me), de reprendre, avec Uta Heller et Matt Elliott, un morceau de Smog (Rock Bottom Riser) ou encore en variant les plaisirs en intégrant des notes rock, blues ou dub. Malgré sa relative lenteur I Put A Record On est perpétuellement en mouvement et ne saurait être prévisible. Et c'est bien là qu'on la reconnaît, en étant toujours placée là où on ne l'attend pas. Depuis le temps on devrait le savoir.

note : 8

par Fabien, chronique publiée le 23-07-2007

A voir également :

http://www.myspace.com/ggut

http://www.monika-enterprise.de

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