.:.Chronique.:.

Pochette

Bexar Bexar

Tropism

[Own Records::2007]

|01 Patterned Like Lovers|02 Listening To Your Party|03 Tearing Apart The Noise She Makes|04 Oil Thumbprints|05 Cotton In The Grossness|06 The Messy Message|07 Sweet Devil|08 A Little More South|09 Window Piece|10 Unsettled And Unable|

Repéré grâce à un premier album (Haralambos) dont certains morceaux ont été diffusés régulièrement sur la radio nationale This American Life, Bexar Bexar aura passé ces dernières années à composer pour le cinéma. Avec Tropism il revient à un projet plus personnel et certainement le plus abouti à ce jour. Curieux objet, d'ailleurs, ce Tropism. Aidé de sa seule guitare et de traitements électroniques, Bexar Bexar délivre une musique contemplative qui plonge son auteur dans une totale introspection. Comme un bateau à la dérive sur une mer calme et inerte, ce disque est une suite de morceaux apaisés mais remplis de nuances qui sont autant de moments de confidences. Tropism est le genre de disque aquatique qui nous fait changer notre perception des choses. Comme si on évoluait sous l'eau on finit par avoir ce sentiment de bien-être mais aussi de lenteur qui nous sécurise et semble nous rendre les choses plus faciles. Alors bien sûr, on fonctionne ici au ralenti, en allant toujours sur cette absence de rythme, cette nonchalance préméditée comme une sorte d'anesthésie sonore qui mettrait l'auditeur hors du temps.

Bien que le disque soit relativement court (37 minutes) on a cette forte impression d'éternité, comme si Tropism était un disque sans fin, en dehors de tout cadre temporel pouvant laisser n'importe qui dans une totale léthargie. Pour autant ce disque possède une réelle force poétique. On ne peut s'empêcher de se laisser porter irrésistiblement par les divagations de Bexar Bexar. Pourtant Tropism n'a rien d'un album simple, les mélodies utilisées n'ont rien d'évident et les nappes électroniques sont souvent assez biscornues mais on s'attache assez vite et on se laisse imprégner de cette ambiance, ce qui n'est finalement pas la chose la plus difficile qui nous a été donnée de faire. Bexar Bexar nous offre donc un voyage curieux mais des plus envoûtants sur un océan où l'immobilité est hissée au rang de beauté intouchable mais pas inaccessible.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 29-05-2007

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