.:.Chronique.:.

Pochette

Steffen, Karl-Alex

Le Grand Ecart

[PopKin Music::2007]

|01 Toujours Vivants|02 Comme Personne|03 Au Village de mes Ancêtres|04 Sierra Vista|05 La Classe de James Stewart|06 Le grand Ecart|07 Lester|08 Les Retrouvailles|09 La Menacée|10 Définitif|

Cela fait déjà deux ans que l'on a remarqué Karl-Alex Steffen. Nous n'étions pas les premiers, on était même un peu en retard sur ce coup-là… Mais en tout cas ses deux premiers disques auto-produits, Le Coup du Siècle et Billet Express avaient été une belle découverte. C'est donc avec joie que nous avons appris la sortie de ce premier album.

Aussitôt reçu, aussitôt dans la platine ! Et là, dès le premier morceau, la magie opère. “Toujours vivants” est de ces titres qu'on a irrésistiblement envie de se passer en boucle ; de ceux dont on fredonne le refrain après seulement deux écoutes. L'influence d'Erik Arnaud (que l'on retrouve cette fois-ci au mixage de l'album) se fait toujours furieusement sentir, mais la référence est maintenant visiblement assimilée. Côté musiques, on oscille entre pop et rock, avec quelques influences post-rock sur certains titres. Côté textes, on traverse volontiers la gamme complexe de sentiments que nous propose le groupe. On le suit dans une nostalgie qui sent la craie et la colle Cléopâtra (“Toujours vivants”) ; on compatit aux amours platoniques décrites dans “Le Grand Ecart”, celles où on vouvoie l'élue de son cœur. On s'inquiète pour “Lester”, même si on a du mal à comprendre ce qui lui est arrivé. On réalise avec effroi ce qui a pu se produire à “Sierra Vista” ; on tremble de peur aux côtés de “La Menacée”…

Depuis son dernier album, K.-A. Steffen a gagné en maturité. Cela s'entend dans le chant qui a pris de l'assurance. Cela se ressent dans la production et dans les arrangements, de plus en plus riches. Les titres sont plus aboutis. Les cordes, loin de s'épandre en une nappe pleine de sentimentalisme viennent renforcer le côté rageur de certains titres, comme sur “Définitif”. Les chœurs de Yala Kisukidi, s'ils font souvent penser à ceux que l'on peut trouver sur les titres de Superflu vont parfois s'aventurer dans des contrées plus noisy (“Comme personne”) rappelant des groupes comme Lush.

Avec ce Grand Ecart, K.-A. Steffen confirme qu'il faut désormais compter avec lui dans le paysage de la chanson française, forte et atypique. En attendant de le voir sur scène (guettez ses dates !), nous garderons son CD à portée de main et d'oreilles. Ces dix titres sont salutaires !

note : 8

par Claire, chronique publiée le 16-05-2007

A voir également :

http://www.blog-art.com/karlalexsteffen

http://www.myspace.com/karlalexsteffen

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