.:.Chronique.:.

Pochette

Fuhler , Cor

Stengam

[Potlatch::2007]

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Cor Fuhler est un manipulateur des sons. Ce pianiste néerlandais, à la carrière bien remplie (il a joué entre autres avec John Zorn, Ikue Morie, Jon Rose, Otomo Yoshihide ou Christian Fennesz et participé à de nombreux projets comme The Corkestra, Palinckx ou Mimeo), a, à l'instar d'un John Cage, pris l'initiative d'explorer les possibilités d'action du piano préparé. En utilisant des électro-aimants et “des petits moteurs rotatifs”, Fuhler nous propose huit pièces improvisées et abstraites dont l'intensité ne fait pas de doute. Les résultats obtenus sont pour le moins fascinants. Occupant pleinement l'espace sonore, Fuhler exploite de la manière la plus appliquée, mais tout autant passionnée, la matière qu'il arrive à extirper de son piano grâce à ses petits dispositifs. Le Néerlandais joue beaucoup sur la clarté des sons et sur une association maitrisée de leurs différences. Il en ressort des ambiances apaisées mais aussi tournées vers une sorte d'expérience introspective forte dans laquelle on s'immerge complètement. Ce qu'il y a de tout à fait appréciable c'est que Fuhler évite les pesanteurs du genre faisant ainsi de Stengam un album parfaitement aérien, libéré de tout cloisonnement et n'hésitant pas à occuper le plus d'espace possible en ne se donnant aucune frontière.

Stengam est de ces albums intrigants qui échappe à tout ce qui pourrait se rapprocher de la “normalité”. Fuhler expérimente, fouille, suit son instinct et arrive ainsi à élaborer des phases sonores qui, prises telles quelles, se suffisent à elles-mêmes. Disque complexe mais réellement beau, Stengam vit de par ses variations et sa capacité à ne jamais rester figé, se renouvellant de manière incessante et installant un rapport très étroit entre la musique réalisée et son auditeur. Il apparait évident qu'il faut s'approprier totalement Stengam sous peine de lâcher prise rapidement. Ce qui serait vraiment dommage car Cor Fuhler parvient à nous emmener dans d'étranges contrées sonores dont on peine à imaginer qu'elles peuvent provenir d'un simple piano. La performance est donc de taille et ce n'est pas son aspect un peu monolithique qui devrait nous faire reculer.

note : 7.5

par Fabien, chronique publiée le 26-04-2007

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