.:.Chronique.:.

Pochette

Dirge

Rebecca

[Another Record::2007]

|01 You've grown away from me|02 Summer single|03 Bottles of memory|04 Tourette|05 The brass band in my head|06 My north eye|07 The smithdown ten|

Dirge, le trio havrais composé dépuis l'origine, en 2001, de Yann Lafosse (chant, guitare), Benjamin Daubeuf (batterie, samples) et Mirjam Tautz (violoncelle), était catalogué dans la case “post-rock”. On avait apprécié leurs ep, Fountain, et aussi leur tout premier, autoproduit. Même si nous ne l'avons pas (encore) écrit, on avait également aimé leur premier album, Loïs. Et c'est avec un second album, plus pop, qu'ils nous reviennent aujourd'hui. Pas d'affolement, nous sommes ici plus proche d'Arab Strap que de The Shins !

Pour ce Rebecca, son deuxième album sorti sur l'excellent label Another Record, le groupe s'est permis d'inviter quelques amis. La chanteuse de Cyann & Ben, des musiciens de La Maison Tellier et de Marteen, d'Elliot Murphy ou de Souing sont de la partie. Le résultat en est un album très mélancolique (comment pourrait-il en être autrement lorsque les chansons parlent de rupture et de solitude ?), mais aux arrangements parfois étrangement lumineux. La présence des cuivres à la fin de “Summer Single” donne à cette chanson un air de désespoir éclatant, renforcé par un chant parfois poussé par la détresse. Les cuivres sont encore présents, seuls cette fois, sur “The brass band in my head”, titre évoquant le passage d'une parade disloquée. On retrouve ce même sentiment de contradiction sur “You've grown away from me”, où l'impression d'apaisement donné par ce chant si serein est rapidement démentie par la rage sourde qui transparaît de l'accompagnement au violon.

Sur cet album, nous sommes loin de la surenchère émotionnelle que nous proposent parfois les groupes instrumentaux ; nous sommes loin de ce chant souvent à peine audible tenté par d'autres qui pensent ainsi donner un air torturé à leurs compositions. Ici, la musique qui nous est offerte est d'une simplicité finement ciselée, d'une humilité toute faite de reliefs, et nous accompagne tout en douceur au long de ces sept titres. C'est en ayant l'impression d'avoir voyagé sur un nuage au milieu de paysages oniriques que nous atterrissons à la fin de cet album, un peu déboussolés, mais conscients d'avoir vécu quelque chose de singulier.

note : 8

par Claire, chronique publiée le 10-04-2007

A voir également :

http://strangesilence.free.fr/

http://www.another-record.com/

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