.:.Chronique.:.

Pochette

François K

Frequencies

[Wavetec/Nocturne::2006]

Il est des exils qui se révèlent être bénéfiques. François Kevorkian n'a certainement pas eu à regretter son départ du territoire français survenu dans les années 70. Ce batteur jazz, qui s'est vite retrouvé barré par une concurrence féroce, s'est vite tourné vers les platines et le métier de DJ à une époque où tout restait à faire en la matière. Passé par le Studio 54 et le Paradise Garage Kevorkian a réussi à se faire un nom et peser lourdement sur la musique électronique dans son ensemble. Du moins celle qu'on entend allègrement sur les dancefloors à la mode. Une réputation en poche notre homme est catapulté directeur artistique du label disco Prelude et participera à de nombreux projets de grands noms (Kraftwerk, Depeche Mode, Eurythmics, Pet Shop Boys, The Smiths, The Cure...). Finalement il finit par créer son propre label, Wave Music, dont Wavetec est une émanation. La cinquantaine passée François K n'a rien perdu de son flair et se situe toujours sur un niveau d'excellence. Pour preuve ce Frequencies, mix typique mais qui se distingue par son bon goût (dans le genre électro-dancefloor s'entend). Ce mix est d'autant plus appréciable qu'il est fait pour toutes les générations. François K a condensé sur le premier cd des morceaux récents alors que le second est plus porté sur ce qu'il a aimé jouer pendant plusieurs années. L'un dans l'autre chacun pourra s'y retrouver.

Le seul point noir à mettre à l'actif de ce Frequencies est sa longueur. Plus de deux heures trente de mix à cette allure, il faut avouer que ça travaille au corps. Ici François K ne ménage personne enchaînant à toute berzingue des morceaux qui ne sont manifestement pas faits pour animer des clubs de bridge. Soit on tombe à genoux soit on finit par en redemander mais quel que soit le cas on peut pas dire qu'on ressort indemne de ce mix hypnotique. Tenace jusqu'à la fin, François K ne baisse jamais de rythme et au vu de la sélection opérée par le bonhomme il ne pouvait en être autrement. Entre Nathan Fake, Modeselktor, Jeff Mills ou Trentemoeller (pour ne citer que ceux-là) l'objectif était clairement de créer un panorama d'une musique électronique toujours en mouvement et qui se veut résolument vivante. L'objectif est largement atteint.

note : 7

par Fabien, chronique publiée le 30-03-2007

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http://www.wavemusic.com

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